Le leader de La France insoumise a choisi un lieu hautement symbolique, la place Victor Hugo à Saint-Denis, pour démarrer sa course à l’Élysée. Entre la mairie dirigée par l’insoumis Bally Bagayoko et la basilique, nécropole des rois de France, il a rassemblé une foule dense malgré la chaleur, confirmant sa capacité de mobilisation dans un fief multiculturel.
Selon les organisateurs, 26 000 personnes étaient présentes le 7 juin sur le béton de la place, signe d’une dynamique retrouvée pour le candidat insoumis. Cette affluence marque une démonstration de force électorale dès le lancement de sa campagne, dans une ville qui incarne la France des banlieues et des outre-mer.
Dans ce contexte, Jean-Luc Mélenchon a évoqué l’avenir des territoires éloignés de l’Hexagone. Il a notamment promis que la Nouvelle-Calédonie « ira vers l’indépendance » sous sa présidence et s’est engagé à accompagner la Corse « vers l’autonomie étendue que demande ce peuple ». Il a aussi déclaré à l’attention des Antilles, de La Réunion et de la Guyane : « Aucun tabou à ce sujet de l’autonomie. La perspective sera le droit complet à l’autonomie quand et seulement quand les populations concernées la souhaitent, et au rythme qu’elles auront choisi. »
Ces annonces, qui s’inscrivent dans une vision plus large de « libération des dépendances et dominations », sont venues nourrir un discours centré sur le respect des populations et le droit à disposer d’elles-mêmes et visent à séduire un électorat issu de la diversité, ainsi qu’un réservoir de voix abstentionnistes, tandis que la foule à Saint-Denis demeurait majoritairement blanche, comme l’état-major insoumis.
Les déclarations sur l’Outre-Mer ont toutefois été secondaires par rapport à la démonstration de puissance collective affichée sur place. Le collaborateur de la porte-parole du Rassemblement national, Laure Lavalette, Pierre Charon, a reconnu l’ampleur de la mobilisation, moquant ceux qui, à droite, estiment avoir remporté la « bataille culturelle ».
Par ce choix de Saint-Denis et cette capacité de rassemblement, Jean-Luc Mélenchon entend imposer d’emblée son statut de candidat sérieux pour 2027, en s’appuyant sur les territoires d’immigration et une base militante mobilisée. Ce premier meeting pose les bases d’une campagne qui promet d’être offensive et met la pression sur ses concurrents, qui peineront à mobiliser les foules.