Gérald Darmanin, garde des Sceaux, a pris position le 27 mai face à la multiplication des affaires de violences sexuelles sur mineurs dans les structures périscolaires, au moment où le Sénat adoptait à l’unanimité une proposition de loi pour durcir les vérifications des antécédents judiciaires du personnel encadrant des enfants.
Un système « totalement défaillant » selon le ministre
« Le #MeToo de l’enfance ne fait que commencer, il y a sans doute des dizaines de milliers de plaintes potentielles », a affirmé le ministre lors du compte rendu du Conseil des ministres le 27 mai. Il a insisté : « Nous devons nous réveiller collectivement, notamment au ministère de la Justice, pour que les enfants soient entendus ».
Ces déclarations interviennent après le scandale du périscolaire parisien, où 78 agents municipaux ont été suspendus depuis le début de l’année 2026, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles. Des affaires similaires ont éclaté dans plusieurs départements, avec des animateurs mis en examen pour agressions sur mineurs. Le sénateur centriste Hervé Maurey, à l’origine du texte, a dressé une « litanie d’affaires survenues aux quatre coins de la France », dénonçant un cadre législatif « lacunaire » particulièrement dans le périscolaire primaire.
Devant le Sénat, le ministre a également évoqué le renforcement des contrôles en cours d’emploi et prévoit des suspensions immédiates en cas d’inscription au Fijaisv ainsi que l’application du principe de précaution.
Le projet de loi doit désormais être examiné à l’Assemblée nationale.
La proposition de loi impose une attestation d’honorabilité via la plateforme « SI Honorabilité », certifiant l’absence de condamnations incompatibles ou d’inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Elle s’appliquera à tous les secteurs accueillant des mineurs : écoles, périscolaire, sport, crèches. Gérald Darmanin a reconnu les « trous dans la raquette » du droit actuel : « Confierait-on nos enfants à des inconnus dans la rue ? Évidemment que non ». Le gouvernement prépare parallèlement un projet de loi plus large sur la protection de l’enfance.
Cette mobilisation intervient alors que Gérald Darmanin lui-même a été mis en cause dans le passé dans des affaires de mœurs, des accusations qu’il a toujours contestées et qui n’ont pas abouti à des poursuites. Le ministre, souvent critiqué sur sa gestion de ces dossiers, entend aujourd’hui incarner la réponse judiciaire à la crise.