Les visites, souvent présentées comme des actes de solidarité des candidats du centre, semblent surtout s’imposer comme un passage obligé dans la course à la présidentielle de 2027. Pourtant, rien n’indique qu’elles dynamisent les intentions de vote pour ces candidats.
Un rituel très convenu et pas rentable électoralement
Le plus récent « voyage » est celui d’Édouard Philippe, le 26 mai. Malgré l’appel russe aux étrangers de quitter Kiev, l’ancien Premier ministre, en pleine tourmente judiciaire, a maintenu son voyage pour le Sommet international des villes et des régions. Il y a rencontré Volodymyr Zelensky et réaffirmé son soutien à l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, proposant même des troupes européennes post-paix. « Nous allons embarquer dans ce train bleu et jaune », avait-il déclaré la veille depuis la Pologne.
Quelques jours plus tôt, le 20 mai, Bruno Retailleau effectuait son premier déplacement international de campagne en Ukraine. Le candidat LR a déclaré que « le combat des Ukrainiens est aussi le nôtre » rompant avec l’équilibre de son prédécesseur candidat LR à la présidentielle François Fillon afin de rendre sa candidature plus consensuelle au centre.
Plus tôt dans l’année, le 25 février, Gabriel Attal, qui vient d’annoncer sa candidature à la présidentielle, s’était rendu à Kiev pour le quatrième anniversaire du début du conflit. Il y avait plaidé pour une adhésion « immédiate mais progressive » de l’Ukraine à l’UE, une idée qui n’a pas non plus électrisé l’opinion française. Plus récemment dans un entretien publié par le média Brut, l’ancien Premier ministre se vantait : « J'y suis allé quatre fois depuis un an et demi. Ce que je vois sur le terrain, c'est que notre soutien militaire, notamment celui de la France, porte ses fruits ».
Ces allers-retours à Kiev, effectués parfois dans un contexte de « péril », très médiatisés, illustrent une campagne qui se joue aussi sur la scène internationale. Mais à l’heure où les Français scrutent pouvoir d’achat, sécurité et services publics, ces démonstrations de solidarité peinent à se traduire en gains électoraux concrets tandis que le RN et LFI, plus équilibrés sur la question du conflit ukrainien, connaissent des dynamiques électorales autrement plus flatteuses. Les candidats du centre-droit continuent néanmoins leur ballet ukrainien, dont le but est probablement plus de séduire Bruxelles que leur propre pays.