France

Trains à l’arrêt, France en sueur : panique face à une canicule hors norme

Des TGV bloqués sans climatisation, des noyades et des malaises sportifs : la France découvre avec inquiétude les conséquences d’une vague de chaleur exceptionnelle et précoce en mai.

Alors que Météo-France a placé huit départements en vigilance orange canicule mardi 26 mai, les experts qualifient cet épisode de chaleur extrême d’« ovni climatique ».

Le pays fait face à des perturbations multiples, des transports aux loisirs.

Galère ferroviaire, paralysies en chaîne et décès

Le 25 mai au soir, deux TGV (Paris-Nice et Lille-Marseille) ont été immobilisés plusieurs heures près de Lyon suite à une panne d’alimentation électrique. Privés de climatisation sous plus de 30 °C à l’extérieur, les wagons se sont transformés en véritables fours. « Sans climatisation et avec les vitres fermées, c’est comme une boîte de conserve, ça chauffe vite », témoignait un passager.
Des familles avec enfants, épuisées, ont dû patienter jusqu’à six ou sept heures, avec distribution limitée d’eau et évacuation sur les voies. Des malaises ont été signalés, nécessitant l’intervention de la protection civile et l’ouverture d’un gymnase voisin.

Ces incidents illustrent une paralysie plus large du réseau SNCF dans le Sud-Est, avec des retards en cascade.

Des usagers exaspérés relayaient des images de passagers sur les talus, amplifiant l’inquiétude médiatique.

Au-delà des trains, la chaleur précoce provoque d’autres drames. Le gouvernement a évoqué sept décès liés directement ou indirectement à cet épisode, dont au moins cinq noyades (Gironde, Marne, Seine-et-Marne, Maine-et-Loire). Des baignades sauvages sur des plages non surveillées en cette période expliquent en partie ces tragédies. L’année 2025 avait déjà été marquée par un nombre record de noyades dans le pays.

Des manifestations sportives ont également tourné au cauchemar : un participant à La Pyrénéenne à Paris est décédé, tandis qu’une dizaine de coureurs ont été hospitalisés en urgence absolue à Maisons-Alfort.

À Menton et Royan, de nombreux malaises ont conduit à des annulations.

Cet épisode de chaleur précoce et remarquable, avec des températures dépassant souvent 35 °C et des nuits tropicales, bat des records historiques pour un mois de mai. Et cela moins d’un an après une canicule record enregistrée en août 2025.

Les experts, comme le climatologue Christophe Cassou, y voient un événement « sans précédent » favorisé par les dérèglements climatiques. La France, sous un dôme de chaleur, panique face à des conséquences concrètes : transports bloqués, santé publique en tension et nature éprouvée.