Depuis cette année, les contribuables français doivent calculer un « revenu brut social » intégrant revenus nets, cotisations sociales obligatoires, CSG-CRDS et parfois des versements facultatifs comme les plans d’épargne-retraite. Ce montant, parfois proche du double du revenu réel perçu, est ensuite automatiquement abattu de 26 % par l’Urssaf. « On nous appelle pour nous demander pourquoi ce montant est si élevé », témoigne Luca Biard au Figaro, chef de mission dans un cabinet d’expertise comptable.
Les experts-comptables croulent sous les demandes d’explications. Nombre de clients ont reçu des estimations en début d’année, qu’il a fallu reprendre en urgence faute de modèles officiels transmis à temps.
Sur X, le compte de l’avocat « Avokayon » dénonce une réforme de la déclaration des revenus des indépendants devenue « une usine à gaz » et de mettre en garde contre l’explosion à venir du nombre d’erreurs de déclarations.
Olivier Babeau, économiste et président de l’institut Sapiens, avait déjà alerté sur X le 14 mai : « Le moment de la déclaration de revenus […] l’incroyable labyrinthe de complexité et d’éparpillement édifié à dessein par l’administration fiscale […] le scandale de la double imposition (CSG non déductible) ».
Ces changements s’ajoutent à la « modernisation des États financiers », une autre réforme qui bouleverse les habitudes. Résultat : embouteillages chez les professionnels et retards dans les déclarations. Les impôts eux-mêmes reconnaissent des difficultés initiales, tout en insistant sur les gains à long terme : une déclaration unique fiscalo-sociale (« dites-le en une fois ») et une meilleure équité avec les salariés.
Pour beaucoup d’indépendants, déjà sous pression économique, ce micmac administratif arrive au pire moment alors que l’URSSAF se trouve déjà remis en cause après un piratage de données affectant potentiellement 12 millions de personnes en janvier 2026.