Yaël Braun-Pivet marque clairement son désaccord avec la stratégie de ses camarades de la majorité. Invitée sur France Inter le 20 mai, la présidente de l’Assemblée nationale a confirmé son refus de participer aux grands rassemblements des prétendants à l’Élysée.
« L’heure n’est pas aux ambitions personnelles »
« Je n’irai ni au meeting de Gabriel Attal, ni au meeting d’Édouard Philippe, ni au meeting de quelque membre de la majorité que ce soit », a-t-elle déclaré, estimant que « l’heure n’est pas aux ambitions personnelles ».
Gabriel Attal, patron de Renaissance, doit officialiser sa candidature dans les prochains jours et organisera son premier grand meeting le 30 mai à Paris. Édouard Philippe tiendra le sien le 5 juillet.
« Je ne crois pas au sauveur suprême. Je ne pense pas que parce qu’il y aura un président de la République élu, tous les problèmes de notre pays vont être résolus. Il faut travailler collectivement, prendre les idées de plusieurs personnes et ne pas se dire que, tout seul, on a raison sur tout », a insisté la présidente de l’Assemblée.
Alors qu’elle occupe une des plus hautes fonctions de l’État, elle a néanmoins déploré le manque de « mixité » dans les cercles de décision. « Le pays serait mieux dirigé s’il était dirigé dans la mixité. Lorsque l’on voit ceux qui prennent les décisions dans notre pays, ce sont quasiment uniquement des hommes, ça ne va pas », a-t-elle affirmé.
Celle qui avait apporté son « soutien inconditionnel » à l’État d’Israël pendant les massacres à Gaza avait déjà dénoncé, il y a quelques semaines, « le club de machos qui se déclarent quasiment quotidiennement » candidats à la présidentielle.
La sortie de la présidente de l’Assemblée intervient dans un contexte de forte agitation à droite et au centre, et de prolifération des candidatures dans tout l’échiquier politique. Avec plusieurs candidatures qui se précisent, Yaël Braun-Pivet choisit de placer le curseur sur le travail collectif et la parité plutôt que sur la course individuelle. Ses propos tranchés risquent de faire encore parler d’eux dans les jours à venir.