Le porte-parole du RN, Laurent Jacobelli, a vivement dénoncé l’approche actuelle de l’exécutif vis-à-vis d’Alger, estimant qu’elle n’apporte aucun résultat tangible malgré les multiples déplacements ministériels. Dans le contexte du déplacement du ministre de la Justice Gérald Darmanin, le parti de Marine Le Pen entend mettre l’exécutif sous pression.
« Rien n’a été fait. Arrêtons la diplomatie de la courbette, essayons la diplomatie de la fermeté », a affirmé Laurent Jacobelli dans l’émission Questions politiques sur France Inter, franceinfo et Le Monde. Il a regretté des années d’« aplaventrisme » de la part du président de la République et de ses ministres, qui « vont battre leur coulpe à Alger ». Selon lui, cela n’aboutit qu’à des propos plus durs du président algérien Abdelmadjid Tebboune envers la France.
Le RN exige des avancées concrètes, à commencer par la reprise par Alger de ses ressortissants délinquants et criminels présents sur le sol français, ainsi que la libération du journaliste français Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie.
« Si la contrepartie des avancées algériennes consiste à dire que la France doit s’autoproclamer coupable de toute son histoire, alors c’est non », a insisté le député. Il a également refusé tout « chantage » ou toute acceptation de détentions d’intellectuels et de journalistes français.
Sur Europe 1, le vice-président du RN Sébastien Chenu a, lui aussi, réclamé des « résultats concrets », en priorité la libération de Christophe Gleizes et la reprise des ressortissants sanctionnés en France.
Ces déclarations interviennent alors que Gérald Darmanin doit se rendre ce 18 mai à Alger pour une visite express visant à « rétablir les relations judiciaires » entre les deux pays et évoquer le dossier Gleizes, après une amorce de détente impulsée par d’autres ministres.
À l’inverse, le ministre macroniste a reçu le soutien du maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, qui a estimé le 17 mai sur franceinfo : « Le peuple algérien a été blessé par la politique de Monsieur Retailleau […] Je me félicite de l’initiative des ministres Laurent Nunez et Gérald Darmanin visant à normaliser nos relations avec l’Algérie. »
L’opposition politique se dessine ici entre un centre et une gauche qui entendent apaiser les relations avec Alger, quitte à faire des concessions, et une droite allant de Bruno Retailleau à Reconquête, en passant par le Rassemblement national, qui entend tourner le dos aux politiques de repentance.
Ces partis de droite défendent par ailleurs une révision des accords franco-algériens de 1968, accordant des clauses spécifiques aux ressortissants algériens en matière d’immigration.