La détente entre Paris et Alger semble se confirmer. Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé la venue à Paris de son homologue algérien, Saïd Sayoud, « dans quelques jours », saluant une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays.
Dans une interview accordée à La Tribune Dimanche, le ministre français estime qu’« une coopération sécuritaire se réinstaure progressivement » entre les deux capitales. « Je vais accueillir mon homologue algérien, ici, dans quelques jours. C’est un signal très positif », a-t-il déclaré.
Cette annonce intervient après la visite de Laurent Nuñez à Alger à la mi-février, à l’invitation de Saïd Sayoud. Ce déplacement avait marqué un premier geste d’apaisement après plusieurs mois de crispations diplomatiques entre la France et l’Algérie.
Autre signe du réchauffement en cours : le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, est attendu le 18 mai à Alger afin de tenter de « rétablir les relations judiciaires » entre les deux pays. Parmi les dossiers sensibles évoqués figure celui du journaliste sportif français Christophe Gleizes, actuellement détenu en Algérie.
Laurent Nuñez a également insisté sur l’importance de relancer la coopération sécuritaire bilatérale, notamment dans la lutte contre les trafics de stupéfiants. « Il y a un travail d’échange d’informations à réengager sur les trafiquants de stupéfiants, et la collaboration se fait dans les deux sens », a-t-il expliqué.
« C'est un grand pays »
Interrogé sur la stratégie de « rapport de force » défendue par son prédécesseur Bruno Retailleau, le ministre français de l’Intérieur a plaidé pour une approche pragmatique. « Sur la partie sécuritaire et migratoire, nous sommes obligés de discuter avec l’Algérie », a-t-il affirmé, soulignant le rôle majeur d’Alger dans les domaines du renseignement et de la sécurité.
« C’est un grand pays, qui a un certain savoir-faire en matière de renseignements et de sécurité. Avoir des échanges avec lui est nécessaire », a-t-il poursuivi, rappelant également les liens humains étroits entre les deux rives de la Méditerranée.
Pour Laurent Nuñez, une logique d’affrontement serait contre-productive. « Quel est l’intérêt d’avoir un bras de fer dans ces conditions ? », s’est-il interrogé, estimant que « ceux qui ne cherchent qu’à braquer l’Algérie ne pensent pas aux intérêts de la France mais à leurs intérêts électoraux ».
Concernant une éventuelle libération du journaliste Christophe Gleizes avant la Coupe du monde de football, le ministre s’est montré prudent : « Je n’en sais rien et ne veux pas en parler. Nous gardons espoir. »