L’explosion du nombre de personnes surendettées en France révèle une tendance inquiétante et met en lumière la fragilité financière croissante des ménages, particulièrement des plus jeunes, confrontés à la précarité et à des pratiques de crédit faciles d’accès dans un contexte d’effondrement du pouvoir d’achat.
Selon les données publiées par la Banque de France le 12 mai, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés en 2025, en hausse de 9,8 % sur un an. Mais c’est chez les jeunes que l’explosion est la plus spectaculaire : le nombre de dossiers des moins de 30 ans est passé de 12 000 à plus de 17 000, soit une hausse de 36 %. Chez les 18-25 ans, la progression atteint même 65 %. Fin 2025, 476 000 personnes étaient fichées au FICP pour un total de dettes de 5 milliards d’euros.
La presse française commence à s’emparer du sujet, à tel point que le journal de TF1 a relayé le témoignage d’une personne devant « payer 60 euros par mois jusqu'en 2032 » pour rembourser sa dette.
Une spirale dangereuse alimentée par les mini-crédits
Hélène Arveiller, adjointe à la direction des services aux particuliers de la Banque de France, met en garde contre les mini-crédits et paiements fractionnés : « C’est généralement des faibles montants, mais on peut les multiplier. Vous en prenez un, puis deux, puis trois… Vous ne savez plus où vous en êtes. »
L’addiction aux paris sportifs aggrave également le phénomène. Le psychiatre Mario Blaise, de l’hôpital Marmottan, rappelle que les addictions développées très tôt ont davantage de risques de s’ancrer durablement, en raison notamment d’un cerveau encore en développement et d’une plus grande impulsivité.
Des initiatives d’éducation financière émergent, via la Fédération bancaire française ou des outils de contrôle parental, mais la progression continue en 2026 (+11 % des dossiers en avril) interroge sur la résilience des ménages modestes face à l’inflation, aux loyers élevés et à la facilité du crédit.
Le phénomène, loin d’être conjoncturel, s’installe comme un marqueur des vulnérabilités structurelles de la société française, alors que la guerre au Moyen-Orient devrait entraîner en France une inflation de « 4 à 5 % dans les mois à venir », selon l’association UFC Que Choisir.