France

Procès libyen : Nicolas Sarkozy affirme n’avoir reçu «pas un centime» libyen pour sa campagne de 2007

Au dernier jour de son interrogatoire devant la cour d’appel de Paris, le 4 mai, l’ancien président a déployé une contre-offensive chiffrée pour démontrer que les fonds libyens n’ont pas financé sa campagne présidentielle. La cour est restée dubitative face à ces tableaux comptables.

Nicolas Sarkozy a multiplié les arguments techniques pour clore son interrogatoire sur une note offensive, répétant avec force son innocence dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne de 2007. Après avoir lâché son ami Claude Guéant, l’ancien président semble avoir joué son va-tout.

L’ancien chef de l’État a une nouvelle fois brandi l’analyse de la « clé Tak », issue d’une clé USB fournie par la veuve de Ziad Takieddine. Selon sa défense, sur environ 9,2 millions d’euros perçus par l’intermédiaire franco-libanais entre 2006 et 2008, près de 3,8 millions auraient été reversés sous forme de rétrocommissions à la famille d’Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi.

« Si ça ne correspond pas à des rétrocommissions, qu’est-ce qu’une rétrocommission ? Je ne pense pas qu’il puisse y avoir le moindre débat là-dessus », a lancé Nicolas Sarkozy. Il a insisté : « Quatorze ans après, il n’y a pas un virement, pas un centime qui a pu être tracé de manière directe ou indirecte avec ma campagne. »

Une démonstration comptable contestée

La cour, via le président Olivier Géron, s’est montrée dubitative face à ces calculs fluctuants (des erreurs de 200 000 euros ont été reconnues) et sur le traçage réel des fonds issus du compte Rossfield.

L’avocat général a notamment relevé que certains transferts vers Senoussi provenaient d’autres banques et que le contrat Amesys ne collait pas parfaitement au calendrier.

Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été immédiates et contrastées. Le journaliste Laurent Valdiguié résumait sur X : « Le show Sarkozy au dernier jour de débats au procès libyen : “Je veux retrouver mon honneur”. »

L’ancien président a une nouvelle fois balayé les objections : « On n’est pas dans un concours de comptabilité. » Il a reconnu des erreurs dans les premiers tableaux mais défendu le « système » global de rétrocommissions. Il a également profité de l’audience pour vouloir « retrouver son honneur », répétant que sur les 19 000 documents de la clé USB, « pas la plus infime insinuation » ne liait ces fonds à sa campagne.

La défense mise sur cette absence de preuve directe, rappelant que l’accusation doit démontrer la culpabilité.

Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, Nicolas Sarkozy avait passé 20 jours incarcéré avant sa libération sous contrôle judiciaire. L’ancien président continue de contester vigoureusement les accusations, qu’il présente comme une entreprise de déstabilisation politique. Les débats doivent se poursuivre avec les plaidoiries des parties civiles, avant un verdict attendu d’ici fin mai.