« Nous ne pouvons plus attendre ; il nous faut des solutions dès maintenant, et non dans un futur lointain », a déclaré Luckenson Augustin, secrétaire général de l’UFAP-UNSa Justice, cité par Actu.fr.
« Quitte à crever, autant le faire devant les portes », a lancé le syndicat dans un appel à la grève, appelant à des blocages « dès » ce 27 avril afin d’exiger des réponses urgentes face à la surpopulation carcérale et au manque d’effectifs. Selon une estimation syndicale, reprise par BFMTV, 80 établissements — sur près de 190 — pourraient être touchés par le mouvement. « 22 % des établissements sont bloqués », indiquait à la mi-journée le ministère de la Justice à l’AFP.
En France, le taux d'occupation des prisons atteint des records, culminant à 137,5 % en mars, avec 87 126 détenus pour moins de 63 500 places, selon les derniers chiffres officiels. La population carcérale est en hausse de 6,1 % sur un an, alors que le nombre de places n’a augmenté que de 1,5 %. En termes de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre font pire que la France en Europe.
Un système « à bout de souffle »
Dans ce système jugé « à bout de souffle », les organisations syndicales dénoncent également un manque d’environ 5 000 agents et une multiplication des agressions. À ces postes vacants s’ajoute l’absentéisme d’agents épuisés.
« On est sur un organigramme à -30 », déclare à RFI le brigadier-chef Samir, secrétaire local de l’UFAP-UNSa Justice, depuis la prison de Nanterre. « On a plus de 1 300 détenus actuellement pour une structure qui est censée en accueillir 590 », souligne-t-il.
Dans un rapport rendu public fin janvier, le Conseil de l’Europe avait tiré la sonnette d’alarme sur l’état des prisons françaises, alertant sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y étaient particulièrement pointées du doigt.
Face à ce mal endémique, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, entend ouvrir dès cette année 3 000 places supplémentaires en préfabriqué, alors que moins du tiers des 15 000 places promises en 2018 ont été créées.