Le patron du géant énergétique français TotalEnergies a affirmé que la libre circulation dans le détroit d’Ormuz prime sur tout, quitte à accepter un droit de passage, face au blocus naval imposé par Washington sur les ports iraniens. Dans une situation délicate et sous le feu des critiques, TotalEnergies joue la carte du pragmatisme.
Un péage « illégal » mais moins dangereux qu’une menace permanente
Lors d’une conférence en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, Patrick Pouyanné défend une approche pragmatique : « Il est clair que la réouverture et la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, même si cela implique de verser une compensation à qui que ce soit, sont cruciales […] pour la liberté du marché. »
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la navigation est paralysée et seuls quelques navires, majoritairement iraniens, empruntent encore ce passage vital.
Le blocus additionnel décidé par Donald Trump ajoute « une couche supplémentaire de moindre liquidité sur le marché », déjà tendu, explique le patron de TotalEnergies.
Résultat : les cours du Brent et du WTI ont fortement rebondi. Pouyanné juge « illégal » le droit de passage imposé par Téhéran, estimé à un dollar par baril, mais insiste : « le vrai problème, c’est la menace » qui pèse sur la circulation, bien plus qu’un éventuel péage.
Les pays occidentaux disposent, selon lui, de « plus ou moins trois mois de stocks » pour amortir le choc, contrairement à l’Asie. Mais au-delà, les conséquences deviendraient dramatiques. « Si cette guerre et ce blocus durent plus de trois mois, nous commencerons à faire face à de sérieux problèmes d’approvisionnement pour certains produits comme le kérosène, ce qui obligera à rationner les avions, ou le diesel », a-t-il averti.
Patrick Pouyanné n’en démord pas : préserver l’ouverture d’Ormuz, même au prix d’une compensation, constitue la seule voie réaliste pour éviter un choc énergétique durable.