L’opinion publique française affiche un rejet massif de l'agression américano-israélienne contre l'Iran et de son principal instigateur, Donald Trump. L’inquiétude face à la situation au Moyen-Orient a bondi à 87 % (+6 points en 15 jours), dont 44 % « très inquiets » (+12 en une semaine), selon une enquête récente.
Une image « agressive » et des conséquences jugées désastreuses
Pour 57 % des sondés (+9 points en deux semaines), l'agression contre l'Iran est une « mauvaise chose », voire « très mauvaise » pour 33 % d’entre eux. Le bilan dressé par les Français est sans nuance : la guerre n’a pas affaibli le gouvernement iranien, elle l’a renforcé.
L’ensemble des données du sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro confirme l’opinion des Français qui se montrent très critiques à l'égard de l’intervention américaine, comme ils l’étaient déjà concernant l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro.
En tout, 76 % jugent désormais l'Iran « plus dangereux pour ses voisins et les pays occidentaux », 77 % estiment que cette intervention a accru « les risques terroristes » et 74 % craignent un recul de « la paix dans le monde ». Déjà au début du mois, un sondage affirmait que 54 % de Français interrogés estimaient que l’objectif de changement de gouvernement était vain.
Sur le plan économique, 79 % anticipent un impact négatif mondial, tandis que 90 % redoutent une baisse du pouvoir d’achat en France et 87 % une chute de la croissance.
Donald Trump concentre les critiques : 85 % des Français en ont une mauvaise image (61 % très mauvaise), le qualifiant d’« agressif » à 84 %, de « dangereux » à 81 % et de « raciste » à 75 %.
Ces chiffres concernant le chef d’État américain sont assez stables et corroborent les donnés recueillis par un sondage Elabe au début du mois.
Seuls 29 % le jugent encore « efficace », soit un recul de 19 points. Ses rares qualités perçues se sont évaporées.
Malgré ce climat, 55 % des Français approuvent la position de la France, jugée « ni trop ni pas assez critique » à l’égard de Washington et de Tel Aviv. Un consensus rare qui traverse presque tous les électorats et qui rejoint l’opinion américaine, elle-même hostile à la guerre engagée par Donald Trump.