« Je remercie Bruno Retailleau de retirer son soutien à Christian Estrosi ». Auprès du Figaro, le président et chef de file des députés de l’Union des droites pour la République — et ancien patron des Républicains (LR) — a salué la décision de son successeur à la tête du parti de ne pas soutenir le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, qui avait claqué la porte des LR en 2021.
« Nous avions un accord national avec Horizons qui comprenait notamment Nice. Maintenant, la campagne a été délétère », a déclaré plus tôt dans la matinée Bruno Retailleau, interrogé sur le plateau de BFMTV-RMC au sujet de cet affrontement entre ces deux anciennes figures des Républicains. « C’est désormais aux Niçois, en leur âme et conscience, de faire leur choix », a ajouté l’ancien ministre de l’Intérieur, sans donner de consigne de vote.
Ce refus de soutenir « le candidat estampillé Horizons », parti macroniste, a immédiatement été relevé par la presse marquée à gauche, fustigeant cette décision de Bruno Retailleau « face au spectre d’une victoire de l’extrême droite ». Le sénateur de Vendée est d’autant plus coupable, à leurs yeux, qu’il a enjoint les électeurs du Rassemblement national — également emmené par l’ancien Républicain Thierry Mariani — à « voter pour Rachida Dati » dans la capitale.
Pour la candidate de gauche, Estrosi a « tracé le sillon de l’extrême droite »
Dans la cinquième ville de France, Ciotti a nettement devancé Estrosi au premier tour des municipales, avec 43,4 % des suffrages contre 30,9 %. Le maire sortant, qui tient la ville depuis 2008 — et qui est également à la tête de la métropole — a sorti la carte du front républicain. « J’appelle très clairement, comme je l’ai toujours fait, à faire barrage au Rassemblement national », a-t-il lancé le 16 mars sur BFMTV.
Assurant que « la ville de Nice est en danger » face à l'imminente victoire de son ancien attaché parlementaire, il a appelé la candidate de gauche Juliette Chesnel-Le Roux (PS-PCF-écologistes), arrivée troisième avec près de 12 % des voix, à « faire preuve de responsabilité ». Un appel rejeté par l’intéressée, qui a maintenu sa candidature. Accusant Estrosi d’avoir « tracé le sillon de l’extrême droite », elle l’a « solennellement » appelé à « se retirer immédiatement de la vie politique » afin que Nice « retrouve enfin un débat politique digne ».
Même son de cloche du côté de la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, qui a mis Ciotti et Estrosi dans un même panier, estimant qu’« il vaut mieux en fait un maintien pour garantir une présence républicaine dans l'opposition ».