Le gouvernement français tente de réagir à la flambée des tarifs à la pompe en intensifiant les contrôles. Sébastien Lecornu, chef du gouvernement, a dévoilé un dispositif massif pour traquer les augmentations injustifiées, invoquant le conflit régional sans qu'il serve d'alibi aux spéculations. Avec un demi-millier de contrôle en trois jours, c’est l'équivalent d'un semestre de vérifications habituelles qui doit être réalisé.
Réactions politiques et propositions alternatives
Dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les prix des carburants ont bondi de manière spectaculaire en France. Selon les données officielles, le SP95-E10, essence la plus utilisée, a grimpé de 10 centimes en une semaine, passant à environ 5 euros supplémentaires pour un plein de 50 litres. Le gazole, lui, affiche une hausse encore plus prononcée : de 1,72 euro le litre le 27 février à 1,98 euro le 6 mars, soit +26 centimes (+15 %). Dans certains départements comme la Sarthe, le seuil des 2 euros a même été franchi, alimentant les craintes d'une crise économique pour les ménages.
Sébastien Lecornu a fermement condamné ces pratiques sur X : « La guerre au Moyen-Orient ne peut pas servir de prétexte à des hausses abusives des prix à la pompe. À ma demande, un plan exceptionnel de 500 contrôles sera réalisé, dans les stations-service, entre lundi et mercredi [du 9 au 11 mars] par la répression des fraudes (DGCCRF). »
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a promis un « name and shame » pour les contrevenants, publiant les noms des stations fautives si des abus sont confirmés.
Les oppositions n'ont pas tardé à réagir. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a ironisé sur X : « Lecornu annonce "500 contrôles" dans les stations-services contre les "hausses abusives" de prix à la pompe. Il y a 10 000 stations-services en France… Ça serait plus simple de bloquer les prix. Car toute hausse dans le contexte est abusive ! ».
Du côté du Rassemblement national, Marine Le Pen propose une baisse de la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, le fioul et le gaz, une mesure réclamée depuis des années, idée reprise par le président du parti Jordan Bardella.
Cependant, la ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, juge ces idées « inconcevables », estimant qu'elles creuseraient un trou de 20 milliards d'euros dans le budget de l'État.
Frédéric Plan, de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage, confie n'avoir « jamais vu une augmentation aussi forte en si peu de temps » dans un contexte énergétique inquiétant pour la France et l’Europe qui commencent à percevoir les limites des sanctions à l’égard de Moscou dont la situation est beaucoup plus enviable.