L’absence des vaches, une première en 62 ans, a profondément affecté l’édition 2026 du Salon international de l’agriculture. Il s'agit d'un recul de près de 28 % des entrées, loin du record de 703 000 en 2014.
Les organisateurs ont publié une lettre dans laquelle ils expliquent que « le Salon est historiquement et affectivement lié à l’élevage bovin » et que son absence a créé un « climat d’attentisme ».
Pour Jérôme Despey, président du SIA, cité par l’AFP, « quand il manque quelqu’un dans la famille, ce n’est pas comme d’habitude ».
Cette décision des éleveurs, respectée par l’organisation, s’ajoute à l’absence des volailles depuis 2019 pour cause de grippe aviaire. D’autres facteurs ont contribué à cette baisse : des appels au boycott, des prises de parole conflictuelles et des polémiques ont dissuadé le public. « Un Salon annoncé comme un lieu de tensions donne moins envie », notent les organisateurs.
Sur les réseaux sociaux, le compte X Résistance Paysanne, qui relaie la colère paysanne, dénonce le « salon de la dégringolade » et argumente : « Ils vous font croire que c’est l’absence des bovins qui en est responsable. Non, c’est une prise de conscience des Français qui ont bien compris l’arnaque de ce cirque parisien. »
Par ailleurs, les vacances scolaires synchronisées pour les trois zones, une première depuis huit ans, et une météo pluvieuse avec inondations dans plusieurs régions ont freiné les déplacements familiaux.
Malgré cette morosité, des aspects positifs émergent. Certains exposants se consolent en évoquant un « aspect plus qualitatif », avec des dialogues enrichis entre professionnels, visiteurs et politiques. Emmanuel Macron a passé douze heures sur place le jour d’inauguration marqué par le boycott de la Coordination rurale, et 79 délégations politiques ont visité les stands.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a interrogé l’avenir des fermes familiales face à la concurrence européenne, fustigeant les « apprentis sorciers de la décroissance » et les « radicalités ».
Jérôme Despey promet un retour « plus fort » en 2027, avec bovins et volailles si les conditions sanitaires le permettent, et appelle à des protocoles renforcés pour sécuriser l’événement face aux crises futures.