France

Attaque à l’Arc de Triomphe : fiché S, condamné en Belgique pour avoir poignardé des policiers, l’assaillant sortait de prison

L’individu qui a attaqué au couteau des gendarmes le 13 février sous l’Arc de Triomphe, lors du ravivage quotidien de la flamme du Soldat inconnu, avait poignardé deux policiers à Molenbeek en 2012, afin de «punir» la Belgique pour avoir introduit une loi anti-niqab et burqa. Fiché S pour radicalisation, il était sorti de prison le 24 décembre.

Le 13 février au soir, alors que des gendarmes de la musique de la gendarmerie mobile préparaient la cérémonie du ravivage de la flamme du Soldat inconnu, située juste sous l’Arc de Triomphe à Paris, un homme s’est jeté sur l’un d’eux armé d’un couteau et d’une paire de ciseaux. Un autre militaire a alors fait usage de son arme de service pour le neutraliser. Touché par plusieurs projectiles, l’agresseur a été transporté à l’hôpital où il a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

Quant au gendarme pris pour cible, celui-ci aurait été sauvé par « sa tenue », a appris « sur place » Le Figaro. Une information confirmée par le parquet national antiterroriste (Pnat), qui s’est saisi de l’affaire, précisant que « le couteau a buté sur le col de [l]a gabardine » du militaire.

Du côté de l’assaillant, ou « suspect » – pour reprendre l’expression de la presse française –, son profil a rapidement circulé. Et pour cause, cet individu « très connu de la justice » était sous contrôle judiciaire depuis sa sortie de prison le 24 décembre 2025. Il purgeait une peine de 17 ans pour « tentatives de meurtre pour motif terroriste » auquel l’avait condamné en juin 2013 le tribunal correctionnel de Bruxelles. Il avait été transféré en France en janvier 2015, a précisé le Pnat.

De nationalité française, Brahim Bahrir avait poignardé deux policiers dans une station de métro de Molenbeek, à Bruxelles, le 8 juin 2012, quelques jours seulement après des échauffourées dans ce quartier de la capitale belge. Des violences qui avaient fait suite à l'interpellation houleuse d'une femme en niqab qui refusait d’obtempérer lors d’un contrôle de police.

Selon la presse belge, Brahim Bahrir avait expliqué vouloir « punir » le gouvernement du pays d’avoir interdit le port du voile intégral sur la voie publique et avait également exigé le départ des « mécréants » d’Afghanistan.

« Il ne fallait pas tuer nos femmes et nos enfants »

Fiché S pour radicalisation, il faisait également l’objet d'une « mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance » (Micas) l’obligeant à pointer tous les jours au commissariat d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Une obligation à laquelle il ne s’est pas plié le 13 février. Avant sa nouvelle tentative d’assassinat, Brahim Bahrir avait appelé le commissariat, a rapporté l’AFP citant une source proche, déclarant qu'il allait « faire un massacre », « tuer du flic », afin de – selon des informations du Figaro – « venger les femmes et les enfants tués par les mécréants ».

Selon une source policière citée par France Info, son téléphone portable a été géolocalisé « à 18h07, deux minutes avant qu'il ne passe à l'acte ». « Il ne fallait pas tuer nos femmes et nos enfants, on va voir qui va triompher sous l’Arc de Triomphe », aurait déclaré sur place l’assaillant.

Cette attaque a fait réagir au sein de la classe politique française, principalement à droite, où la réactivité des militaires a été saluée. « Un gendarme ne doit sa survie qu’à son bouton de manchette : sans cela, il aurait été poignardé à la gorge », a notamment déclaré l’eurodéputé Rassemblement national (RN) et ancien commissaire de police Matthieu Valet.

« Il était fiché S et il était aujourd’hui en plein Paris, libre, en France, sous l’Arc de Triomphe »

« Cet attentat au couteau doit nous rappeler que le combat contre l’idéologie islamiste reste une priorité absolue pour notre pays », a notamment estimé la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen. « Le Pnat devra faire toute la lumière sur cette tentative d'assassinat aux motivations vraisemblablement terroristes, perpétrée par un individu connu pour islamisme, au très lourd passé judiciaire », a pour sa part déclaré le président du RN Jordan Bardella, également sur la plateforme américaine X.

« C’est extrêmement choquant parce que l’assaillant était déjà connu, il était fiché S et il était aujourd’hui en plein Paris, libre, en France, sous l’Arc de Triomphe », a réagi dans une vidéo postée sur X l’eurodéputée Sarah Knafo (Reconquête !), candidate à la mairie de Paris.

« Face au terrorisme islamiste, la flamme républicaine résistera toujours », a de son côté déclaré Emmanuel Macron près de trois heures après les faits, alors qu'il venait de prononcer un discours à Munich enjoignant à renforcer « la pression » sur la Russie. Et d’exprimer « la solidarité de la Nation au gendarme blessé. Nous pensons aussi avec émotion aux collégiens présents ainsi qu’aux membres du Comité de la Flamme ».