La déclaration du désormais candidat Retailleau marque un tournant pour la droite : après des mois de maturation, le Vendéen assume pleinement son ambition, porté par un projet « résolu et calme », loin des « slogans faciles ».
Il invite les Français à un sursaut collectif, contre l’« affaissement » du pays.
Un pari sur le sérieux et la fermeté
Bruno Retailleau président des Républicains (LR) revendique une campagne contre une France « qui s’enfonce ». Immédiatement, les soutiens se sont multipliés au sein de LR. L’eurodéputé François-Xavier Bellamy a salué un homme d’« intégrité » et de « courage », capable de « rendre à notre démocratie le pouvoir de décider ».
Julien Aubert, autre figure droitière, évoque un programme pour « la souveraineté de la France, le recours au référendum, l’écologie de progrès, la liberté ».
Dans un long entretien au Figaro Magazine, Retailleau détaille son diagnostic : « Je suis candidat parce que j’aime mon pays et que je veux qu’il se relève. […] Je ne supporte plus de voir la France s’affaisser et les Français s’appauvrir ». L’ancien ministre qui dit vouloir « renverser la table » cible l’immigration, « devenue une charge insupportable », prônant quotas, fin du regroupement familial abusif et primauté du droit national sur les engagements européens. Sur l’économie, il promet de « favoriser le travail, pas l’assistanat » : suppression des impôts de production, convergence salaire net-brut, et 120 milliards d’économies via réformes des retraites et de l’assurance-chômage.
Son passage à Beauvau (2024-2025) l’a révélé au grand public, comme le montre un sondage Ifop pour Le Figaro : 64 % des Français le jugent « sérieux », 57 % « courageux ».
Pourtant, des failles persistent : perçu comme «arrogant» par 53 % des macronistes, il peine chez les jeunes (29 % le voient proche de leurs préoccupations).
Il devra aussi convaincre son propre camp, à commencer par son concurrent malheureux lors de la primaire de la droite Laurent Wauquiez, qui, via SMS, plaide pour « une seule candidature de toute la droite », au-delà de LR, selon Le Figaro.
À droite, le débat sur la primaire revient ainsi : les militants voteront-ils un mode de départage élargi, incluant Darmanin ou Knafo ? Retailleau, lui, « trace sa route », se disant prêt à se plier au verdict des adhérents.