France

Des manifestations contre la loi Duplomb organisées partout en France ce week-end

La contestation contre la loi Duplomb gagne du terrain. Des dizaines de villes françaises accueillent des rassemblements organisés par plus de 80 associations. Au cœur de la mobilisation : la réintroduction de pesticides interdits et une loi jugée nocive pour l’environnement. Une pétition a déjà réuni plus de 2,1 millions de signatures.

De Lille à Bordeaux, en passant par Brest, les mobilisations se multiplient. Ce week-end, plus de 80 organisations appellent à manifester contre une loi portée par le sénateur Laurent Duplomb. Adoptée durant l'été 2025, elle facilite certaines pratiques agricoles et prévoit de rouvrir la porte à des pesticides pourtant interdits depuis plusieurs années.

C’est le collectif Nourrir qui coordonne cette mobilisation. Il réunit des associations bien connues comme Greenpeace, WWF, la Confédération paysanne ou Oxfam. Pour ces organisations, les décisions du gouvernement vont à l’encontre de l’intérêt général. Elles dénoncent des reculs dangereux en matière de santé, d’environnement et de modèle agricole.

Le retour de pesticides très critiqués

Le point de tension principal concerne deux produits chimiques : l’acétamipride et le flupyradiflurone. Ce sont des pesticides jugés nocifs, notamment pour les abeilles. L’un d’eux, l’acétamipride, avait déjà été interdit en France en 2018. Il avait fait un retour dans une première version de la loi Duplomb, avant d’être censuré par le Conseil constitutionnel.

Mais aujourd’hui, le sénateur revient à la charge. Soutenu par les syndicats agricoles FNSEA et Coordination rurale, il propose à nouveau leur réintroduction, de manière « encadrée et temporaire ». Selon les producteurs de betteraves, de pommes ou de noisettes, ces produits sont nécessaires car il n’existerait pas d’alternative efficace.

Face à cela, les associations écologistes refusent de céder. Pour elles, ces pesticides sont trop dangereux, que ce soit pour la nature ou pour la santé. Elles dénoncent une politique qui favorise les lobbys de l’agrochimie au détriment des citoyens.

Une contestation plus large est en marche

La pétition contre la loi Duplomb a déjà récolté plus de 2,1 millions de signatures. C’est bien au-delà des 500 000 signatures nécessaires pour déclencher un débat à l’Assemblée nationale. Celui-ci aura lieu le 11 février, sans vote prévu. Un grand rassemblement est annoncé ce jour-là à Paris, près des Invalides.

Mais la contestation ne s’arrêtera pas là. D’autres dates sont déjà prévues : une manifestation appelée « Printemps bruyant » le 4 avril, puis une journée nationale contre l’agrochimie fin mai. Le mouvement veut s’installer dans la durée.

Plusieurs voix critiquent aussi les choix politiques plus globaux, notamment ceux de l’Union européenne. Selon les associations, ces lois servent les intérêts industriels plutôt que ceux des agriculteurs ou des populations. Elles parlent de reculs graves pour l’environnement et réclament un vrai soutien aux petites exploitations.

Pour un militant de Combat Monsanto, « il est essentiel que les citoyens se mobilisent pour montrer qu’il existe des solutions. Sinon, le gouvernement continuera de céder aux pressions des géants de l’agrochimie ».

Au fond, la mobilisation porte une question plus large : qui décide de l’avenir de l’agriculture française ? Pour beaucoup, c’est la souveraineté agricole et écologique du pays qui est en jeu, loin des logiques imposées depuis Bruxelles ou par les grandes entreprises.