France

Procès en appel du RN : «Si les réquisitions sont suivies, je serai empêchée de concourir à la présidentielle», assure Marine Le Pen

La chef de file des députés du Rassemblement national et triple candidate à la présidentielle a annoncé qu’elle n’attendrait pas un arrêt de la Cour de cassation pour se retirer de la course à la présidentielle si elle venait à être condamnée en appel à une peine d’inéligibilité supérieure à deux ans.

« Si les réquisitions sont suivies, je serai empêchée de concourir à la présidentielle », a déclaré le 3 février la chef de file des députés du Rassemblement national (RN) au groupe TF1/LCI, à sa sortie d’audience.

Dans le cadre du procès en appel de l’affaire dite des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national) au Parlement européen, les deux avocats généraux ont requis à l’encontre de la triple candidate à l’élection présidentielle quatre ans de prison dont un ferme, 100 000 euros d'amende, ainsi que cinq ans d’inéligibilité.

Si la condamnation de Marine Le Pen se confirmait en appel – plus particulièrement sur ce volet de l'inéligibilité appliquée depuis le 31 mars 2025 – la députée du Pas-de-Calais n’attendrait pas un éventuel arrêt de la Cour de cassation pour acter son retrait de la course à l’investiture suprême.

« On ne peut pas se lancer dans une campagne présidentielle au dernier moment­ »

Dans le cadre de cette affaire, le parquet accuse Marine Le Pen d’avoir « professionnalisé » un « système » visant à détourner les salaires des assistants parlementaires d’eurodéputés au profit de personnes travaillant pour le parti.

Début janvier, le premier président de la Cour de cassation, Christophe Soulard, avait déclaré que s’ils étaient saisis dans le cadre de cette affaire, les hauts magistrats rendraient « si possible » leur décision avant la présidentielle de 2027. « On ne sait pas quand une telle décision serait rendue et on ne peut pas se lancer dans une campagne présidentielle au dernier moment », avait confié Marine Le Pen dans un entretien au mensuel Causeur publié début novembre.

« À partir du moment où la Cour d’appel va probablement rendre son arrêt au mois de septembre, je ne vais pas laisser traîner parce que je suis attachée à ce que nos idées arrivent au pouvoir », avait-elle déclaré quelques jours plus tard sur RTL. « Si je suis empêchée, mais que la Cour de cassation me donne raison trois ou quatre mois après, il sera trop tard pour faire une campagne présidentielle correcte », avait-elle alors ajouté.

Les plaidoiries doivent s’enchaîner jusqu’au 11 février. L’arrêt de la Cour d’appel, dont la décision va être mise en délibéré, est attendu « à l’été 2026 ».