France

«Je suis sûr qu’il va aimer» : quand Epstein commentait une «claque» électorale de Macron

Dans l’un des documents liés à l'affaire Jeffrey Epstein, publiés par le Département américain de la justice, le financier américain commente une «claque» électorale essuyée par le président français, estimant qu’il pourrait «aimer» ce revers.

« Macron en baisse, Boris en hausse. Merkel en baisse. Toi en hausse. Génial ». Dans les extraits de la correspondance de Jeffrey Epstein, figurant parmi les millions de pages récemment publiées par le Département de la justice (DoJ) des États-Unis, figurent des échanges portant sur l’actuel président français.

Dans l’un d’eux, Epstein échange avec un interlocuteur dont le nom et l’adresse mail ont été caviardés. Alors que la conversation porte sur un déplacement au Mexique ainsi que des questions de santé, celle-ci se porte soudainement sur des résultats électoraux. Nous sommes alors le 26 mai 2019, les élections européennes viennent de se tenir.

« Quelles sont tes chances de réélection », interroge Epstein. « Il nous faut attendre encore une heure pour avoir tous les résultats. En Slovaquie, ça peut être pire », lui répond alors son correspondant. « Je suis en train de lire les résultats, pas de surprise. C’est exactement ce qui était prévu. Les partis institutionnels sont affaiblis, mais toujours en tête », finit-il par écrire à Epstein, une heure plus tard, et d’assurer que « l’ordre établi est préservé ».

« Compris », réplique le financier américain, qui poursuit : « Y a-t-il eu des surprises ? Mes Allemands me disent que c’est une claque dans la figure pour Macron, mais le connaissant, je suis sûr qu’il va aimer. »

Tenu les 25 et 26 mai 2019, ce suffrage européen fut marqué en France — et ailleurs sur le Vieux Continent — par un rebond de la participation, dépassant les 50 % (contre 42,4 % en 2014), marquant un record depuis les européennes de 1994. Il était le premier depuis le référendum en faveur du Brexit au Royaume-Uni, annonçant la sortie prochaine de l’UE de cet État membre.

Zakharova : des documents qui donnent « la nausée »

Comme lors du scrutin précédent, le Rassemblement national — emmené cette année-là par Jordan Bardella — a terminé premier (23,34 %), devançant la liste Renaissance dirigée par Nathalie Loiseau (22,42 %). Loin de la débâcle électorale qui allait frapper le camp macroniste cinq ans plus tard, ce revers électoral fut relativisé par une partie de la presse française.

Plus de trois millions de pages de documents, ainsi que plus de 2 000 vidéos et 180 000 images, relatifs au dossier Epstein, ont été publiés le 30 janvier sur le site du DoJ, en vertu de l’Epstein Files Transparency Act. Celui-ci fut approuvé en novembre, à la quasi-unanimité par le Congrès — le représentant républicain de Louisiane Clay Higgins étant le seul des 535 élus siégeant à Capitol Hill à s’y être opposé — et signé par Donald Trump.

Cette loi « exige que le DoJ publie (dans un format consultable et téléchargeable) tous les dossiers, documents, communications et éléments d'enquête non classifiés en possession du DoJ qui se rapportent à l'enquête et aux poursuites contre Jeffrey Epstein », retrouvé mort dans sa cellule en août 2019, alors qu’il venait d’être inculpé pour avoir organisé un réseau d’exploitation sexuelle de mineurs.

Des documents qu’il est « impossible d'étudier […] sans éprouver de la nausée », a concédé à nos confrères de Sputnik la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.