L’énergie - mais également l'armement - ont été à l’ordre du jour de la rencontre à l’Élysée, ce 29 janvier, entre le Premier ministre slovaque Robert Fico et le président français Emmanuel Macron. Sur sa page Facebook, où il s’exprime régulièrement au travers de messages vidéo, le chef du gouvernement slovaque a annoncé qu'il allait rencontrer de hauts représentants d'Électricité de France (EDF) et de Framatome, et qu’il participerait au sommet nucléaire de Paris, qui doit avoir lieu en mars.
« Compte tenu de l'idée d'une UE plus forte, plus indépendante et plus souveraine, que je soutiens également, il était naturel que nous nous intéressions aux opportunités offertes par l'industrie d'armement de pointe française et le développement dynamique de l'industrie d'armement slovaque », a également déclaré Fico, selon des propos rapportés par l'agence TASR.
De son côté, le président français a également commenté sur les réseaux sociaux cette rencontre, évoquant dans un message posté sur X un « réveil stratégique » et mettant en avant l’« unité » et la « solidarité » en vue de « garantir notre indépendance européenne ». « Notre agenda européen et bilatéral doit nous permettre d’accélérer sur l’essentiel : l’énergie, la compétitivité, la défense, mais aussi la protection de nos démocraties, fondée sur les valeurs de l’Union européenne », a insisté le président français.
Une rencontre, en partie placée sous le signe de l’atome, qui a lieu alors que les tensions sont à nouveau vives entre Bratislava et Bruxelles sur fond d’embargo européen décrété à l’encontre de l’énergie russe. Dans le vol l’emmenant à Paris, Robert Fico a d’ailleurs mené une nouvelle charge contre la Commission Von der Leyen, en particulier son commissaire à l’Énergie et au Logement : le danois Dan Jørgensen.
Énergie : quand l'Europe troque une « dépendance » pour une autre
En décembre 2025, Dan Jørgensen s’était réjoui de l’accord trouvé entre les Vingt-Sept afin de proscrire toute importation de gaz russe tant sous forme liquéfiée que par pipeline à partir de 2027, et ce même en cas d’arrêt du conflit en Ukraine. Une décision qui va lourdement affecter la Slovaquie et contre laquelle Robert Fico entend déposer un recours devant la justice européenne. Considérée comme l'un des pays les plus gazéifiés du Vieux Continent, la Slovaquie continue de compter sur les importations énergétiques russes.
Le 28 janvier, ce même haut fonctionnaire européen, dont le pays est aujourd’hui directement menacé par les visées de Donald Trump sur le Groenland, a fait part de son inquiétude quant au fait que les Européens aient pu « remplacer une dépendance par une autre ». En l’occurrence, une nouvelle dépendance aux États-Unis, vers lesquels les Européens se sont tournés pour s’approvisionner en énergies, notamment à la suite du « deal » imposé par Donald Trump et accepté par Ursula von der Leyen à l’été 2025 et au travers duquel les Européens s’engageaient à acheter auprès des États-Unis pas moins de 750 milliards de dollars de gaz, pétrole et combustibles nucléaires d’ici 2028.
« Monsieur le Commissaire », a fustigé Robert Fico, « n'étiez-vous pas au travail ? N'étiez-vous pas à la Commission européenne lorsque celle-ci a présenté cette proposition idéologique insensée, qui a finalement été approuvée, visant à stopper toutes les importations de gaz russe à partir de 2027 et à les remplacer intégralement par du gaz naturel liquéfié en provenance des États-Unis ? Monsieur le Commissaire, vous moquez-vous de nous ? »