France

Lutte contre le narcotrafic en France : troisième réunion à l’Élysée en moins de trois mois

Le président français a convoqué ce 29 janvier une réunion dédiée à la lutte contre le narcotrafic. Il s’agit de la troisième de ce type depuis le 18 novembre et l’assassinat à Marseille, quelques jours plus tôt, de Mehdi Kessaci, frère d’un militant engagé dans la lutte contre le narcotrafic sévissant dans les quartiers Nord de la cité phocéenne.

Quatre ministres se sont réunis ce 29 janvier après-midi à l’Élysée, lors d’une rencontre dédiée à la lutte contre le narcotrafic. Annoncée par la présidence française, cette rencontre entendait réunir autour d’Emmanuel Macron le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, et son homologue de la Justice, Gérald Darmanin, ainsi que la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin et celui des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Il s'agissait de la troisième réunion sur cette thématique, depuis celle du 18 novembre qui avait été convoquée quelques jours après l'assassinat par balle à Marseille de Mehdi Kessaci, frère d'Amine Kessaci, un militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic qui sévit dans les Bouches-du-Rhône. Un assassinat que le locataire de la place Beauvau avait alors qualifié de « crime d’intimidation » et estimé qu’il s’agissait d’un « point de bascule ».

Toujours selon l’Élysée, cette réunion devait porter « notamment sur le suivi de la mise en œuvre des arbitrages rendus par le président de la République lors des précédentes réunions consacrées à cette thématique, dans le prolongement de la loi contre le narcotrafic adoptée en juin 2025 ». Également à l’ordre du jour : le nouveau Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), créé en juin 2025 - après plus d’un an passé dans les tuyaux - et officiellement installé le 5 janvier, sur le modèle du Parquet national antiterroriste (Pnat) et du Parquet national financier (PNF).

Trafic de stupéfiants en France : le nombre de prévenus en « très forte croissance »

Autre point devant être abordé : la situation du narcotrafic aux Antilles, l’Élysée soulignant qu’Emmanuel Macron souhaiterait y accorder « une attention particulière dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires renforcés et la finalisation d’axes stratégiques spécifiques ». Enfin, cette réunion devait également permettre de « faire le point » sur « le déploiement des scanners dans les ports et les aéroports et l’évolution de la politique publique en matière de lutte contre les usages », ainsi que sur les « enjeux de coopération policière et judiciaire avec les partenaires internationaux », toujours selon la présidence française.

Le narcotrafic est un phénomène qui monte en puissance, ces dernières années, dans une partie de l’Europe occidentale. En France, selon le patron de l'Office anti-stupéfiants (Ofast), 200 000 personnes vivraient « directement de la drogue ». Selon des chiffres publiés ce 29 janvier par le service statistique du ministère de l'Intérieur (SSMSI), le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants aurait cru de 8 % en 2025, contre 4 % en moyenne entre 2016 et 2025. Toujours selon le SSMSI, ce chiffre a connu une « très forte croissance sur les 50 dernières années », passant de 1 000 personnes en 1972 à près de 57 000 en 2025.