Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie, qui a effectué un déplacement à Alger, a fait l’objet d'attaques, voire d’insultes de la part de l’extrême droite française. En cause, les propos de l’ancienne ministre, qui a abordé des sujets hautement symboliques et politiquement sensibles relatifs à la restitution des biens culturels, aux archives historiques et à la reconnaissance des blessures liées à la colonisation.
Lors de sa rencontre avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, Ségolène Royal avait plaidé pour un rapprochement entre Paris et Alger. « Je suis venue écouter, apprendre et bâtir des perspectives communes, parce que l’amitié entre la France et l’Algérie est un devoir envers les jeunes générations des deux rives », a-t-elle déclaré. Or, ce genre de propos ne fait pas l’unanimité en France sur fond d’une crise entre les deux capitales qui dure depuis plus de dix-huit mois.
Acharnement sur les plateaux télé et sur les réseaux sociaux
Les accusations et les insultes ont fusé dans les médias proches de l’extrême droite, notamment sur CNews et Europe 1, et sur les réseaux sociaux, contre Ségolène Royal, la taxant de « traîtrise », de « compromission », de « lâcheté », de « flagornerie » ou encore de « carrière terminée ». Certaines attaques, à l’instar de celle du journaliste de CNews Vincent Hervouet, ont même reproché à l’ancienne ministre de s’être affichée « souriante » à Alger.
L’ancienne compagne de François Hollande est aussi accusée d’avoir courbé l’échine devant le président algérien et de s’être substituée au chef de la diplomatie française, sans pour autant défendre les intérêts français.
Plusieurs politiciens français ciblés après un déplacement à Alger
La déferlante d’attaques contre Ségolène Royal n’est pas la première du genre contre une personnalité politique française depuis le début de la tourmente qui s’est installée dans les relations entre la France et l’Algérie. Un acharnement analogue avait ciblé, quelques mois plus tôt, le déplacement en Algérie du député de La France insoumise David Guiraud et de son collègue Sébastien Delogu.
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, n’a pas non plus échappé aux critiques de l’extrême droite après sa visite d’avril 2025, qui était supposée amorcer à l’époque un processus de sortie de crise.
À noter que Ségolène Royal figure parmi les personnalités françaises citées par le président Tebboune, lors d’un entretien au journal L’Opinion, comme étant appréciées en Algérie, aux côtés notamment de Jean-Pierre Chevènement, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin.