Le 25 janvier 2026, le site spécialisé Opex360 révèle que le Service de l’énergie opérationnelle (SEO), chargé de fournir le carburant à l’armée française, n’a pas les moyens de remplir sa mission. Dans SEO Mag’, son magazine officiel, le service reconnaît qu’il lui manque du personnel, des équipements modernes et des ressources financières suffisantes.
Le magazine explique que pour faire fonctionner une division de 20 000 soldats, il faut au minimum 5 millions de litres de carburant et 1 000 conteneurs. Une seule journée de combats intenses demande le déploiement de 130 camions-citernes pour ravitailler les unités.
Or, une grande partie des véhicules actuels est obsolète, et l’armée estime qu’il lui faudrait 800 nouveaux camions pour renouveler sa flotte logistique. Mais la Loi de programmation militaire ne prévoit que 376 achats, dont seulement 70 ont déjà été commandés.
Le problème est plus large : l’aviation militaire consomme à elle seule la moitié du carburant utilisé par les armées françaises. Le système logistique actuel ne suit plus. En cas de conflit réel, les besoins exploseraient, et le soutien énergétique des troupes ne pourrait pas être garanti.
Des effectifs insuffisants à tous les niveaux
Au-delà du matériel, c’est l’élément humain qui fait défaut. Le député Bastien Lachaud, en charge du suivi logistique à l’Assemblée, dénonce une pénurie persistante de personnel dans les fonctions clés. Le SEO n’a pu recruter personne en informatique ni en administration, des secteurs pourtant essentiels à la gestion moderne des armées.
Il estime qu’il faudrait 300 postes supplémentaires pour atteindre la capacité opérationnelle prévue, mais aucune loi de finances n’a permis jusqu’ici de répondre à cet objectif. En parallèle, les tâches logistiques se complexifient avec les exigences d’une guerre de haute intensité.
Cette situation rendrait impossible tout engagement prolongé. Même avec l’équipement disponible, l’absence de personnel qualifié suffirait à bloquer les opérations. Un échec logistique redouté, y compris en temps de paix.
Des faiblesses connues, peu corrigées
Dès mai 2025, un rapport parlementaire alertait déjà sur le manque de munitions. Le Journal du Dimanche rapportait alors que l’armée française ne tiendrait qu’un mois et demi en cas de guerre prolongée. Le nombre de canons Caesar disponibles (76 contre 215 nécessaires) illustre aussi ces limites.
L’industrie militaire française est trop lente pour reconstituer les stocks. Malgré les discours d’Emmanuel Macron sur l’« économie de guerre », rien de concret ne se voit sur le terrain. Le ministère des Armées parle de réformes, mais selon SEO Mag’, il faudra des années pour atteindre les objectifs fixés.
Le SEO a présenté un plan d’action en trois volets : renforcement des effectifs, adaptation aux conflits modernes, et développement des énergies nouvelles. Mais sans investissements supplémentaires, ces projets risquent de rester au stade des promesses.
Parallèlement, la France continue d’envoyer des troupes à l’étranger. Elle a longtemps envisagé une présence en Ukraine. Une stratégie difficilement crédible alors que sa propre armée peine à se ravitailler.