La vague de rappels successifs de lait infantile, touchant désormais une marque bio comme Babybio, alimente les craintes d’un vaste scandale sanitaire en France, où les autorités renforcent les contrôles face à une toxine résistante susceptible de causer des troubles graves chez les bébés.
Le groupe Vitagermine, via sa marque Babybio, a procédé au rappel volontaire de trois lots spécifiques d’Optima 1er âge, commercialisés depuis septembre 2025 : deux en format 800 g et un en 400 g. Selon Rappel Conso, les parents doivent « ne plus consommer » ces produits et contacter le service consommateurs pour remboursement.
La marque assure que ses laits restent « sûrs et conformes », mais suit les nouvelles recommandations des autorités européennes sur la céréulide, produite par Bacillus cereus.
Cette toxine, thermostable et surnommée « syndrome du riz frit », provoque vomissements, diarrhées et fatigue, particulièrement dangereux pour les nourrissons. Elle a déjà conduit à des rappels chez Nestlé, Lactalis et Danone, avec des lots bloqués en France et à l’international. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré sur BFMTV : « Tous les lots concernés ont été retirés. » Elle a tenté de se montrer rassurante : « Il n'y a pas d'alerte scientifique. »
La ministre, fraîchement réélue députée lors d’une législative partielle, conseille aux parents de vérifier sur Rappel Conso et de remplacer les boîtes suspectes.
Les enquêtes pénales à Bordeaux et Angers, ouvertes après les morts de deux bébés ayant consommé du lait Nestlé rappelé, scrutent une possible contamination via un fournisseur chinois d’acide arachidonique (ARA). Sans « lien de causalité » prouvé, les autorités soulignent la rareté des cas graves, mais les parents s’alarment, pointant des failles dans les contrôles.
Quentin Guillemain, président de l’association pour la santé des enfants, évoque une « bombe à retardement » et fustige un « laps de temps inacceptable » entre alertes et retraits, envisageant des plaintes contre les industriels et l’État.
L’avocate Nathalie Goutaland insiste de son côté : « Conservez les laits […] ne les jetez pas ! » pour préserver les preuves. Ces événements rappellent le scandale de la salmonelle en 2017, soulignant des manquements persistants dans la chaîne d’approvisionnement.