À un an et demi de l’élection présidentielle de 2027, les grandes turbulences géopolitiques, du retour de Donald Trump à la Maison Blanche aux tensions persistantes autour de l’Iran, de Gaza, de l’Ukraine et de la relation avec la Chine, font désormais irruption dans le débat politique français.
Alors que les candidats esquivaient jusqu’ici la scène internationale au profit des sujets domestiques, la succession de crises aiguës rend inévitable la prise de position sur ces dossiers majeurs qui redéfinissent l’ordre global. L’époque où les enjeux extérieurs pouvaient être relégués au second plan est révolue : l’international devient un marqueur de crédibilité et de stratégie politique.
Pour les aspirants à la présidentielle, il ne s’agit plus de simples effets d’annonce mais de propositions concrètes sur la manière dont la France doit réagir face à la montée de la rivalité entre grandes puissances et aux guerres qui déchirent le monde. Le retour de Donald Trump bouleverse les équilibres transatlantiques et impose à Paris de repenser ses relations avec Washington.
L'international comme game changer des candidats ?
Simultanément, l’enjeu iranien, entre sanctions, programme nucléaire et influence régionale, nécessite une réflexion claire sur la posture française au Moyen-Orient. La guerre en Ukraine, quant à elle, reste un test de l’engagement européen envers la sécurité collective et la défense des frontières.
À cela s’ajoutent les tensions autour de Gaza, qui ont ravivé les débats sur la politique étrangère française au Proche-Orient, et la montée en puissance de la Chine comme rival économique et technologique. Pour des candidats qui voudraient incarner « l’intérêt national », balayer ces questions d’un revers de main n’est plus possible : leurs orientations diplomatiques et sécuritaires seront scrutées et débattues, parfois au même titre que l’économie ou l’immigration. Concrètement, cela se traduira par des engagements clairs sur la politique de défense, les alliances militaires, les traités commerciaux et la posture vis-à-vis des institutions internationales.
Dans ce contexte, certains candidats de droite préconisent un retour à une politique de puissance affirmée, fondée sur des alliances fortes et un renforcement des capacités militaires. D’autres, plus centrés ou progressistes, plaideront pour une diplomatie multilatérale renforcée, une coopération accrue avec l’Union européenne et un rôle actif dans les mécanismes internationaux de régulation. Quelle que soit l’option, l’international ne sera plus un domaine périphérique de la campagne, mais bien un élément structurant qui pourrait faire basculer le scrutin.