France

Bardella prône une France puissante dans un monde de rapports de force

Jordan Bardella décrit un monde dominé par les rapports de force et juge la France affaiblie par l’idéalisme européen. Il plaide pour un retour assumé à la puissance : souveraineté économique, militaire et énergétique. À l’horizon 2027, il oppose la reconquête de l’indépendance nationale au risque du déclassement.

Dans une tribune accordée au JDD au ton résolument martial, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN) et député européen, dresse le portrait d’un monde entré dans une nouvelle ère de brutalité stratégique, où « l’incertitude est désormais la norme » et où le respect des règles internationales cède le pas au rapport de force.

Selon lui, la France et l’Europe paient aujourd’hui le prix de leur naïveté, prises « en étau » entre les États-Unis et la Chine, affaiblies par le retour de la guerre en Europe et fragilisées par des pressions migratoires qu’il juge incontrôlées. Dans ce contexte, Jordan Bardella martèle une conviction centrale : « La puissance est redevenue un impératif. »

Augmenter les dépenses militaires

Il accuse directement les institutions européennes d’avoir organisé l’impuissance du continent. La Commission de Bruxelles aurait, selon lui, « méthodiquement affaibli la puissance des nations » par une accumulation de normes qu’il qualifie « d’écologie punitive », asphyxiant l’appareil productif et renchérissant les coûts de l’énergie. L’Europe, ajoute-t-il, se serait même inclinée face à Washington en acceptant « un accord commercial déséquilibré ». Poursuivre sur cette voie mènerait au « déclassement et au silence ».

Pour le dirigeant du Rassemblement national, le sursaut doit être d’abord idéologique : sortir de « la fable de la paix mondiale par le commerce » et identifier clairement les secteurs à protéger, à savoir l'agriculture, la défense, l'énergie et l'intelligence artificielle. Mais le diagnostic ne suffit pas : « On ne peut enfler tous les discours du mot "puissance" sans qu’une action résolue soutienne ces prises de parole. » Il appelle à une rupture économique et stratégique : allègement massif des normes, préférence nationale et européenne, relance du nucléaire, hausse des dépenses militaires à 3 % du PIB et création d’un fonds souverain.

Enfin, le député européen défend une refondation politique de l’Union autour d’une « Europe des nations », recentrée sur les souverainetés et débarrassée des lourdeurs bureaucratiques. À ses yeux, le choix est existentiel : « Il y a un prix de l’impuissance et nous ne voulons pas le payer. » À l’approche de 2027, il présente cette ligne comme celle de la survie politique et stratégique de la France.