France

«Fiasco fiscal» : en France, l’impôt plancher sur les plus aisés aurait rapporté cinq fois moins que prévu

Dans sa dernière copie budgétaire, le gouvernement a abaissé d’un milliard d’euros ses prévisions de rendement de la contribution différentielle pour les hauts revenus (CDHR), passant de 1,65 milliards d’euros attendus pour 2026 à 650 millions d’euros. Une prévision qui pourrait même apparaitre encore optimiste, au regard des recettes de 2025.

La contribution différentielle pour les hauts revenus (CDHR) est-elle en passe de prendre le même chemin que la « taxe yacht » ? Le 21 janvier, citant l’entourage de la ministre française des Comptes publics Amélie de Montchalin, l’AFP rapportait que le gouvernement Lecornu, dans sa copie de budget pour 2026 – sur laquelle il venait d’engager sa responsabilité – avait abaissé le rendement escompté de la CDHR à 650 millions d’euros. Un montant bien inférieur au… 1,67 milliard encore prévu quelques semaines plus tôt.

En cause ? Le flop de cet impôt l’an passé, avec des recettes fiscales qui ont avoisinées les 400 millions d’euros contre les 1,9 milliard d’euros attendus selon le quotidien Le Monde. Ce dernier a fustigé un « fiasco fiscal retentissant », criant haro sur « les contribuables les plus aisés» qui « réussissent à contourner en grande partie les règles communes, et même celles qui les visent directement » ou encore les « relais politiques puissants » dont disposeraient en France.

« Taxe Yacht » : la taxe qui rapporte 167 fois moins que prévu

Créée via le budget de François Bayrou pour 2025, cette taxe fixe un taux minimal d’imposition de 20 % pour les ménages dont les revenus dépassent 250 000 euros par an pour un célibataire, et 500 000 euros pour un couple. Cette année-là, le gouvernement français tablait sur 1,9 milliard d’euros de recettes fiscales. La CDHR n’en a finalement rapporté que 400 millions.

Ce n’est pas la première fois que Bercy subit une telle déconvenue. En 2018, le gouvernement français avait instauré une taxe sur les yachts de plus de 30 mètres de long, tablant sur un gain de 5 à 10 millions. En l’occurrence, il s’agissait d’une taxe dont le montant annuel était compris entre 30 000 et 200 000 euros par bateau – suivant sa taille et sa puissance – appliqué aux seuls résidents fiscaux français. Pour l’année 2024, celle-ci avait finalement rapporté… 60 000 euros, soit 83 à 167 fois moins qu’annoncé.