France

Colère agricole : malgré les annonces de Lecornu, la mobilisation ne faiblit pas

Au lendemain d’une mobilisation des agriculteurs à Paris, qui a donné lieu à des annonces gouvernementales, les actions coup de poing se poursuivent à travers la France ce 14 janvier, avec de nouveaux blocages d'autoroutes et de dépôts pétroliers.

La mobilisation des agriculteurs se poursuit en France ce 14 janvier, au lendemain d’une manifestation parisienne marquée par de nouvelles annonces gouvernementales visant à calmer la colère agricole qui secoue le pays. Alors qu’à Paris, après avoir obtenu des engagements de la ministre de l’Agriculture durant la nuit, les agriculteurs de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs (JA) ont quitté les abords de l’Assemblée nationale, de nombreuses actions coup de poing et des blocages ont été rapportés dans la matinée.

Dans la nuit, malgré un arrêté du préfet de la Haute-Garonne interdisant la manifestation, la Coordination rurale (CR) est entrée dans le centre-ville de Toulouse. Délogés en début de matinée par les forces de l’ordre, les agriculteurs de la CR ont depuis entrepris des blocages dans le sud de la Ville rose et installé un barrage filtrant devant l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Plusieurs leaders syndicaux auraient été interpellés.

Dans le sud-est, les agriculteurs ont également fait entendre leur voix, des membres de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs menant, avec leurs tracteurs, des actions sur l’autoroute A50, entre le Var et les Bouches-du-Rhône. « On a besoin d'argent pour survivre, pour payer nos agriculteurs, et on n'y arrive plus. Aujourd'hui, on a des situations qui sont à la faillite », a lancé André Lanza, président de la FDSEA 83, au micro d’une radio locale.

« Tant que les lois ne sont pas adoptées, rien ne se fera », s’est-il agacé, au regard des promesses gouvernementales formulées lors de la mobilisation de l’hiver dernier. Une opération escargot a également été signalée sur l’autoroute A50, entre Marseille et Toulon.

Des dépôts pétroliers bloqués

Des perturbations de la circulation ont également été rapportées dans le Finistère, le Lot ou encore en Indre-et-Loire, où des agriculteurs de la CR et de la FNSEA bloquent depuis le 13 janvier au soir l’accès au dépôt pétrolier de Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours. Plus au nord-est, c’est le dépôt pétrolier de Vatry, dans la Marne, qui a été bloqué par la CR.

Plus tôt dans la journée, sur X, Sébastien Lecornu avait annoncé qu’une « loi d'urgence agricole » serait présentée au mois de mars. Un texte qui, selon le Premier ministre français, devrait s'articuler « autour de plusieurs priorités : eau, prédation [du loup, ndlr], moyens de production ».

Il a également évoqué des réunions afin d’étudier « les possibilités de dérogation » à la directive européenne sur les nitrates et demandé un « moratoire » sur toutes les décisions relatives à la politique de l'eau, dans l’attente qu’un « cap » ne soit fixé « d’ici le Salon de l’agriculture » prévu fin février. Des annonces qui viennent s’ajouter aux 300 millions d’euros promis le 9 janvier par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.

Dans la foulée de ces annonces, faites alors que des agriculteurs de la FNSEA et de la JA étaient rassemblés devant le Palais Bourbon, plusieurs syndicats agricoles ont fustigé une « différence de traitement » de la part du gouvernement à l’endroit de « nos mobilisations ».