France

Agriculteurs en colère : des centaines de tracteurs entrent dans Paris

Quelques jours après l’action symbolique de la Coordination rurale (CR) place de l’Étoile, plusieurs centaines d’agriculteurs de la FNSEA sont entrés dans la capitale française avec leurs tracteurs ce 13 janvier au matin et ont notamment convergé vers l’Assemblée nationale. Le gouvernement Lecornu envisagerait de nouvelles annonces.

Après les autoroutes et les ports, les agriculteurs visent désormais Paris et plus précisément l’Assemblée nationale. Alors que la signature du traité de libre-échange entre les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) et l’Union européenne se profile, plusieurs centaines d’agriculteurs ont investi la capitale française ce 13 janvier afin de faire part de leur colère. Les premiers engins agricoles, de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, sont entrés dans Paris peu avant 6 heures, d’après une journaliste de l’AFP.

Ceux-ci ont parcouru les grandes artères de la capitale de la Porte-Dauphine aux Champs-Élysées jusqu’à l’Assemblée nationale. Selon la Préfecture de police, l’itinéraire a été « validé », les organisateurs s’étant « engagés à se conformer aux consignes de sécurité qui leur seront données ».

Devant le Palais Bourbon, plusieurs élus ont apporté leur soutien aux manifestants. « Les agriculteurs expriment leurs attentes, et nous devons apporter des réponses, avec un suivi au niveau du Parlement et de la solidarité nationale », a déclaré auprès du Figaro l’ancien Premier ministre Michel Barnier, aujourd’hui député Les Républicains (LR) de Paris. « Je suis solidaire des agriculteurs », a assuré cet ancien ministre de l’Agriculture (2007-2009) de François Fillon.

« Un texte d'urgence, maintenant », réclame le patron de la FNSEA

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, ainsi que le président des LR, Bruno Retailleau, sont également allés à leur rencontre, s'adressant au président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. « C'est important que vous entendiez ce qui bout à l'intérieur des gens », a lancé à Yaël Braun-Pivet le responsable syndical, selon des propos rapportés par Le Parisien. « Ce spectacle depuis des années nous fatigue. On a besoin d'une vision pour l'agriculture, appuie-t-il. Et d'un texte d'urgence, maintenant », a-t-il également déclaré.

Dans la ligne de mire de ces agriculteurs en colère : l’accord du Mercosur, qui devrait être signé le 17 janvier, mais également la réforme de la politique agricole commune (PAC) et l’entrée en vigueur de la « taxe carbone européenne », qui viennent s’ajouter à la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine qui avait provoqué la résurgence de ce mouvement de grogne en décembre.

Pour endiguer cette épidémie, le gouvernement français a opté pour l’abattage systématique de l’intégralité des troupeaux où un cas de DNC a été décelé, et ce alors que le taux de mortalité de la maladie se situe entre 1 et 5% selon l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA). Une mesure, radicale, qui a suscité une vive contestation parmi les éleveurs.

« On a prévu ce qu’il fallait pour rester dormir plusieurs nuits »

« On est installés, on va rester la journée s’il faut, demain et encore après-demain. On a prévu ce qu’il fallait pour rester dormir plusieurs nuits », a fait savoir auprès du quotidien Libération Régis Desrumaux, président de la FDSEA de l’Oise.

« On vient à Paris pour essayer de faire bouger les choses, même si on ne pense pas que ça bouge. Dans notre région, avec les cultures industrielles, on s’en sort plutôt bien, mais c’est aussi pour les régions du Sud, qui ont plus de mal avec des rendements plus faibles », a déclaré au Figaro Corentin Le Vacher, un agriculteur de 24 ans venu d’Eure‑et‑Loir qui avait manifesté à Bruxelles en décembre. « On attend de vraies actions, que ça bouge vraiment beaucoup. Ce qu’on attend, c’est “plus de marge, moins de charges” », a-t-il encore déclaré.

Toujours selon Le Figaro, une délégation de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs devrait être reçue en début d’après-midi à Matignon.