Ce second round judiciaire, qui s’ouvre à la Cour d’appel de Paris et durera jusqu’au 12 février, représente un enjeu crucial pour l’ancienne présidente du Rassemblement national (RN). Après une condamnation sévère en mars 2025, Marine Le Pen espère une relaxe ou une atténuation de peine pour relancer ses ambitions présidentielles.
Stratégie de défense et réactions
Marine Le Pen, accompagnée de ses avocats Rodolphe Bosselut et Sandra Chirac-Kollarik, maintient une ligne de défense axée sur l’innocence, contestant l’existence d’emplois fictifs et arguant d’une mutualisation légitime des assistants. En première instance, les juges avaient relevé un « système concerté » initié par son père Jean-Marie Le Pen et prolongé sous sa présidence à elle, avec un préjudice évalué à environ 2,9 millions d’euros nets.
L’exécution provisoire de l’inéligibilité avait été justifiée par un risque de récidive et un trouble à l’ordre public démocratique, notion contestée par des experts comme Carbon de Seze qui la qualifie de « morale » plutôt que juridique. En appel, la stratégie pourrait s’infléchir vers une reconnaissance partielle des faits sans admettre de délit intentionnel, pour atténuer la peine complémentaire.
Interrogée sur sa ligne de dégense, Marine le Pen a affirmé le 12 janvier : « L'affaire va être remise à zéro et sera jugée par de nouveaux magistrats. J'espère être mieux entendue et les convaincre de mon innocence ».
Des juristes consultés, dont l’académicien François Sureau, soulignent la complexité des règles européennes sur l’utilisation des fonds, non rétroactives par rapport à la loi Sapin II de 2016.
Bruno Gollnisch, coprévenu, plaide une utilisation sous contrôle parlementaire : « L’utilisation de ces moyens a été faite sous le contrôle des services du Parlement ».
Jordan Bardella, président du RN et candidat à la présidentielle par défaut, a dénoncé lors de ses vœux à la presse un risque pour la démocratie si la justice prive les Français d’une candidate favorite. Sur les réseaux, des élus RN expriment leur soutien et demeurent regroupés derrière leur candidate. Le député Thomas Ménagé affirmait ainsi le 1er janvier : « Notre candidate aujourd’hui, c’est Marine Le Pen ».
La décision, attendue à l’été, pourrait permettre une campagne sereine si l’inéligibilité est levée ou suspendue via un pourvoi en cassation. Sinon, Jordan Bardella devrait émerger comme alternative, lui qui bénéficie déjà de sondages très flatteurs.