Le chef du gouvernement français, Sébastien Lecornu, a demandé au ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, de préparer l’organisation d’éventuelles élections législatives anticipées aux dates des municipales, les 15 et 22 mars.
Cette anticipation intervient alors que le Rassemblement national et La France insoumise ont annoncé le dépôt de motions de censure, en réaction notamment à l’adoption par l’Union européenne du traité de commerce avec le Mercosur. Les deux textes doivent être débattus à l’Assemblée nationale entre le 13 et le 14 janvier.
Vers de nouvelles élections ?
En cas d’adoption d’une motion de censure, la chute du gouvernement ouvrirait la voie à une dissolution de l’Assemblée nationale, une option sur laquelle Sébastien Lecornu et le président de la République, Emmanuel Macron, seraient en accord. Si la décision finale relève constitutionnellement du chef de l’État, l’exécutif entend manifestement se tenir prêt à un enchaînement rapide, en couplant un éventuel scrutin législatif aux municipales afin de limiter les délais et les coûts.
Sur le fond, le Premier ministre dénonce des « postures cyniques partisanes » qui, selon lui, paralysent l’agenda parlementaire. Sur le réseau social X, il a accusé le RN et LFI de retarder les discussions budgétaires et « d’affaiblir la voix de la France » à l’étranger.
« La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise », a-t-il insisté, reprochant aux oppositions de privilégier des calculs politiques internes dans un contexte déjà tendu.
La riposte de LFI n’a pas tardé. « Nous n’avons pas peur de l’élection », a lancé Jean-Luc Mélenchon, se disant prêt à une nouvelle dissolution si l’exécutif choisissait cette voie. Cette montée des tensions intervient alors que le budget de l’État pour 2026 n’a pas été adopté dans les délais, contraignant le Parlement à voter une loi spéciale fin 2025 pour assurer la continuité de l’action publique.
En commission des finances, la partie recettes du projet de loi de finances a de nouveau été largement rejetée, laissant planer l’hypothèse d’une impasse durable, et renforçant, en creux, le scénario d’un retour aux urnes.