Les Français expriment un net rejet de l’opération « Absolute Resolve » menée par les États-Unis au Venezuela qui a abouti à l’arrestation du président Maduro, ainsi qu’une profonde inquiétude face à l’impérialisme affiché par Donald Trump, selon une enquête Odoxa-Backbone réalisée les 7 et 8 janvier 2026 auprès de 1005 personnes.
Rejet de l’intervention et critique d’Emmanuel Macron
Près de sept Français sur dix (67 %) estiment qu’Emmanuel Macron n’a pas été « à la hauteur des événements », critiquant son absence initiale de condamnation ferme du non-respect du droit international. Le sondage révèle que 77 % jugent l’opération « choquante » car elle « bafoue le droit international », et 76 % y voient une manœuvre pour déstabiliser le pays et contrôler ses réserves pétrolières, les plus importantes au monde, plutôt qu’une lutte contre le narcoterrorisme comme le prétend Washington.
Ce désaveu transcende les clivages politiques : 81 % des sympathisants de La France insoumise (LFI), le parti de Jean-Luc Mélenchon, soutiennent le chef d’Etat vénézuélien arrêté et proposent même de sortir de l’Otan, 76 % du Parti socialiste (PS) et 80% des Écologistes désapprouvent, tout comme 70 % des électeurs de Renaissance. À droite, les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN) sont plus partagés, mais une majorité au RN (60 %) privilégie l’hypothèse économique.
Les inquiétudes s’étendent aux ambitions de Trump, avec 71 % craignant des conséquences dangereuses pour la paix dans le monde, dans un contexte de menaces sur le Groenland ou la Bolivie.
Du côté diplomatique, le ministre délégué Nicolas Forissier a réaffirmé le soutien français à une « transition démocratique » autour d’Edmundo González Urrutia, élu avec 70 % des voix selon Paris, et maintenu les sanctions contre 69 personnalités vénézuéliennes.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a qualifié l’opération d’« illégale », appelant à une union autour de la Charte des Nations unies. L’ONU et l’UE, par la voix de Kaja Kallas, ont exprimé des inquiétudes pour la souveraineté du pays, avertissant d’un « dangereux précédent ».