Le paradoxe de la hausse de la mortalité routière, en dépit d’un nombre croissant de radars, mis en lumière par l’association 40 millions d’automobilistes dans un rapport, questionne l’efficacité d’une politique centrée sur la répression automatisée de la vitesse.
Depuis 2013, il n'y a plus d'évolution de la mortalité routière. Malgré la multiplication des radars de tous types, et les 80 km/h mis en place par Édouard Philippe ainsi que la privatisation des voitures-radars, la courbe ne s’infléchit plus.
D’autres facteurs, comme l’alcool ou la distraction, persistent dans une certaine indifférence.
Un système « à bout de souffle »
Les données officielles confirment cette stagnation : au premier semestre 2025, 1 449 personnes ont perdu la vie sur les routes métropolitaines, soit 50 de moins qu’en 2024. Mais l’été inverse la tendance, avec 338 tués en juillet (+23 %), 341 en août (+18 %, le pire niveau depuis 2011) et 291 en septembre (+9,4 %).
Sur les neuf premiers mois, la baisse initiale s’efface et l’année 2025 risque de dépasser les 3 200 morts, malgré l’explosion du parc radar depuis 2003. L’association rappelle que la réduction des décès observée dans les années 2000 précédait le déploiement massif de ces dispositifs et que, depuis une décennie, la courbe ne fléchit plus. « Les chiffres montrent une réalité dérangeante : la mortalité routière ne baisse plus, malgré un parc radar toujours plus dense », souligne l’association dans son enquête intitulée « À bout de souffle ».
Selon l’étude, la focalisation sur les excès mineurs de vitesse occulte les causes majeures : l’alcool et les stupéfiants, impliqués dans près d’un tiers des accidents mortels, ainsi que la fatigue et la distraction, en hausse. Les recettes des radars — environ 800 millions d’euros d’amendes forfaitaires et plus de 300 millions de majorations — financent peu la prévention, servant davantage un modèle économique qu’une stratégie globale de sécurité. Pour inverser la tendance, 40 millions d’automobilistes plaide pour une réorientation des fonds vers l’éducation routière, des dépistages renforcés et des outils de lutte contre la distraction, afin de restaurer la confiance entre usagers et autorités.