Il y a encore un an, Sarah Knafo hésitait à s’émanciper de l’ombre d’Éric Zemmour, son compagnon et leader de Reconquête !, dont elle avait piloté la campagne présidentielle de 2022. Cette étape est désormais franchie.
Mercredi 7 janvier, la députée européenne, seule élue du parti d’extrême droite à Strasbourg, a annoncé au « 20 heures » de TF1 sa candidature à la mairie de Paris. Une décision qui l’écarte de facto de la course à la présidentielle de 2027 : elle dit « espérer » que Reconquête ! présentera alors « un autre candidat ».
Une lutte acharnée pour l'Hôtel de ville
« Je suis candidate pour être la prochaine maire de Paris (…) Personne ne sera aussi déterminée que moi pour mettre fin à la gabegie », a-t-elle affirmé. Âgée de 32 ans, Sarah Knafo promet un mandat de rupture : « Si les Parisiens me font confiance, j’aurai six ans pour redresser la plus belle ville du monde. »
Au cœur de son programme, un plan d’économies évalué à près de 10 milliards d’euros, destiné à permettre une baisse massive de la fiscalité locale, notamment une division par deux de la taxe foncière. Elle assure également vouloir instaurer une démocratie plus directe, avec « au moins deux référendums par an ».
Sa candidature fait d’elle la sixième prétendante officielle à la succession d’Anne Hidalgo lors des élections municipales des 15 et 22 mars. Dans une campagne déjà très fragmentée, elle affrontera notamment Rachida Dati, ministre de la culture et maire du 7ᵉ arrondissement, soutenue par Les Républicains et le MoDem, ainsi que Thierry Mariani, candidat du Rassemblement national.
À gauche, Emmanuel Grégoire mènera l’union socialiste, tandis que Sophia Chikirou portera les couleurs de La France insoumise. Pierre-Yves Bournazel sera, lui, le candidat d’Horizons soutenu par Renaissance.
La présence simultanée de Sarah Knafo et de Thierry Mariani place l’extrême droite dans une configuration délicate : la dispersion des voix pourrait empêcher l’un comme l’autre d’atteindre le seuil des 10 % nécessaire pour siéger au Conseil de Paris. Peu rompue aux enjeux municipaux, l’eurodéputée semble surtout miser sur la forte exposition médiatique de la campagne parisienne. L’élection de la capitale apparaît ainsi comme un tremplin politique, plus que comme l’aboutissement d’un ancrage local de longue date.