Alexis Corbière a engagé un nouveau combat symbolique au cœur des institutions. Dans une lettre adressée à Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, l’ancien député de La France insoumise, désormais membre du groupe écologiste, appelle à un renouvellement des œuvres exposées au Palais-Bourbon.
Tableaux, statues et copies actuellement visibles renverraient, selon lui, à une vision de l’histoire « amputée », qui invisibilise une partie des acteurs majeurs de la vie politique française. L’élu de Seine-Saint-Denis déplore en particulier la très faible représentation des femmes dans les couloirs et jardins de l’Assemblée. « Comment expliquer que les femmes, présentes en politique depuis plus de soixante-dix ans, soient si peu visibles ? », interroge-t-il.
Il juge « inacceptable » que seules Olympe de Gouges, avec un buste dans la salle des Quatre Colonnes, et Simone Veil, dans le jardin, incarnent la mémoire féminine du Parlement, alors que de nombreuses militantes et élues ont joué un rôle décisif dans l’obtention du droit de vote et l’égalité des droits. « Il est aujourd’hui impératif d’en finir avec une tradition mémorielle qui exclut nos concitoyens à la peau noire. Cette absence ne peut plus durer », a-t-il alerté.
Des figures issues de l’histoire de l’esclavage
Alexis Corbière élargit sa critique à l’absence totale de figures noires dans les représentations officielles. Pour ce professeur d’histoire, cette lacune traduit une tradition mémorielle excluante, devenue aujourd’hui intenable.
Il cite notamment Jean-Baptiste Belley, ancien esclave originaire du Sénégal, élu député de Saint-Domingue à la Convention et acteur clé de la séance du 4 février 1794 ayant conduit à la première abolition de l’esclavage. Son effacement des murs de l’Assemblée serait, selon Corbière, emblématique d’un récit national incomplet.
À travers cette démarche, le parlementaire entend ouvrir un débat sur la manière dont la République se raconte à elle-même et à ses citoyens. En appelant à diversifier les figures honorées au Palais-Bourbon, il plaide pour une mémoire plus inclusive et représentative de l’histoire politique française. À ce stade, le cabinet de Yaël Braun-Pivet n’a pas réagi à cette interpellation.