France

Le RN en ordre de bataille pour 2026, dans l’ombre de 2027

Marine Le Pen et Jordan Bardella veulent faire de 2026 une année de conquête pour le RN, en particulier aux municipales. Ils y voient une étape clé pour préparer la présidentielle de 2027 et «enraciner» le parti dans les territoires. Malgré un contexte politique et judiciaire tendu, les dirigeants affichent unité et confiance.

Marine Le Pen et Jordan Bardella ont présenté 2026 comme une année décisive pour le Rassemblement national, qu’ils veulent placer sous le signe de la « conquête », en particulier à l’occasion des élections municipales de mars.

Dans leurs vidéos de vœux diffusées sur les réseaux sociaux, les deux dirigeants affichent leur volonté de préparer ce qu’ils appellent la « grande alternance » de 2027, estimant que le « basculement » politique est désormais « à portée de vote ». Une manière aussi de tourner la page d’une année 2025 jugée décevante par Marine Le Pen, qui déplore n’avoir pas réussi à mettre fin à ce qu’elle qualifie de « confiscation institutionnelle du pays ».

Vers une candidature de Bardella ?

Tous deux dressent un constat sévère du paysage politique actuel. Jordan Bardella évoque un « système à bout de souffle », soutenu selon lui par une « coalition de survie » à l’Assemblée nationale, tandis que Marine Le Pen critique l’incapacité des institutions à répondre aux attentes populaires. Malgré ces attaques, ni l’une ni l’autre n’évoquent explicitement une censure du gouvernement ni une dissolution de l’Assemblée, pourtant réclamées depuis des mois par le parti, préférant se projeter dans une stratégie de long terme.

Au cœur de cette feuille de route figure l’échéance municipale des 15 et 22 mars 2026. Présentées comme un « retour au peuple », ces élections doivent permettre au RN de consolider son implantation locale. Marine Le Pen appelle ses électeurs à se mobiliser massivement afin de « s’exprimer dans les urnes avec force et détermination », en attendant la présidentielle. Pour Jordan Bardella, l’enjeu est d’« enraciner les idées » du parti dans les territoires, afin d’aborder 2027 avec une crédibilité et une assise inédites.

Cette stratégie intervient toutefois dans un contexte personnel et judiciaire sensible pour Marine Le Pen, qui attend son procès en appel début 2026. La dirigeante assure néanmoins que le parti ne fléchira pas, quels que soient les « attaques » ou « mauvais procédés » auxquels il devra faire face. En affichant unité et détermination, le RN entend faire de 2026 un tremplin vers l’Élysée, convaincu que le moment politique lui est favorable.