France

Les oppositions raillent les vœux «inutiles» d’Emmanuel Macron

Les vœux du président de la République pour 2026, prononcés mercredi soir depuis l’Élysée, ont suscité un tollé chez les oppositions. Qualifiés de «mots vides» et de «banalités convenues», ils sont accusés de manquer de substance face à l’instabilité politique et aux défis internationaux, à seize mois de la présidentielle.

Comme chaque année, Emmanuel Macron a tracé une feuille de route pour 2026 lors de son allocution télévisée, mais les réactions des figures politiques ont été majoritairement critiques, d'un discours perçu comme déconnecté et crépusculaire.

Des oppositions unanimement critiques

Les oppositions n’ont pas tardé à exprimer leur déception sur X, où les commentaires acerbes ont fusé dès la fin de l’allocution. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a ironisé : « Lui-même semblait prêt à s’endormir en parlant », ajoutant que « quelque chose est cassé en lui et avec le pays ». Dans un tweet mordant, il s’interroge sur qui pourrait se sentir « concerné par cette litanie d’annonces déjà cent fois trahies et de mots vides ».

De son côté, Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes et candidate à la présidentielle 2027, a confié peiner  « à trouver les mots suite à cette allocution », taclant un président qui « semble lui-même avoir lâché l’affaire ». Elle a insisté :« “Notre pays tient“. Vraiment ? (...) En 2026, nous nous battrons pour éviter de nouveaux reculs et préparer l’alternance ».

Éric Coquerel, député insoumis et président de la commission des Finances, a évoqué les vœux « inutiles d’un Président toujours aussi satisfait de lui-même », dont le « bilan s’assombrit pourtant chaque année ». Il a rappelé que Macron « est le seul à oublier à quel point il est minoritaire dans le peuple et au Parlement », concluant avec espoir :« Heureusement ce sont, au pire, ses avant-derniers vœux ».

À droite, Éric Ciotti, député LR, a estimé que « le seul vœu que l’on puisse adresser à la France, c’est le départ » du président, accusant l’allocution d’enfoncer « des portes ouvertes en enchaînant les lieux communs et les banalités convenues ».

Bruno Retailleau, président des Républicains, a souscrit au souhait d’une « année 2026 utile », mais a taclé :« Encore faudra-t-il pour cela ne pas sacrifier l’avenir au présent », promettant de prendre « toute (sa) part » dans les défis à venir.

Marine Le Pen et Jordan Bardella n’ont pas commenté l’intervention présidentielle, se contentant de publier leurs propres vœux en vidéo.

Quant à l’eurodéputée Sarah Knafo, elle a raillé : « C’était court… mais pas intense. J’ai trouvé que c’était un discours Chat GPT. Pas d’âme, pas de souffle, pas d’idée ».

Ces réactions font écho à un discours présidentiel axé sur l’unité, la décentralisation et des priorités comme le service national, la régulation des réseaux sociaux et la loi sur la fin de vie. Pourtant, les oppositions y voient un manque de vision concrète, amplifié par un contexte de guerre en Ukraine et d’ingérences étrangères potentielles pour 2027. Thomas Portes, député LFI, a résumé l’humeur générale dans un tweet :« Des vœux crépusculaires et vides pour un président de la République isolé et dont la parole n’a plus aucune légitimité. La meilleur chose à faire, c’est qu’il parte, et le plus rapidement possible ».

Au-delà des politiques, les internautes ont relayé ces critiques, avec des articles de médias comme Franceinfo et BFM TV, d’ordinaire plutôt conciliants avec le président, titrant sur des vœux « tristes »,« décevants » et « sans relief », illustrant un fossé croissant entre l’Élysée et l’opinion publique.