France

Bardella favori en 2027 : un sondage qui redistribue les rôles au RN

Marine Le Pen se félicite du sondage donnant Jordan Bardella gagnant en 2027, malgré son absence du test. L’enquête crédite Bardella de 35 à 36% au premier tour et le donne vainqueur dans tous les seconds tours. Ces résultats interviennent alors que pèse la menace de l’inéligibilité de Le Pen, accélérant l’«opération succession» au RN.

Marine Le Pen s’applique à afficher une sérénité sans faille. En déplacement dans le Pas-de-Calais, la présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée nationale a balayé d’un rire léger la question qui brûlait les lèvres : a-t-elle été vexée de ne pas figurer dans le dernier sondage présidentiel ?

« Ce n’est pas très grave, j’ai été testée dans des centaines de sondages. Ça ne fait parler que les journalistes », a-t-elle assuré, soulignant être « ravie » des résultats publiés cette semaine. Une manière de reprendre la main face à une enquête d’opinion qui place un autre nom au centre du jeu : Jordan Bardella.

Le sondage réalisé avec Public Sénat et la presse régionale révèle en effet un scénario inédit : si le président du RN était candidat en 2027, il arriverait largement en tête au premier tour, avec 35 à 36 % des voix.

Vers une victoire de Bardella en 2027 ?

Au second tour, il l’emporterait contre tous ses adversaires testés. Des chiffres impressionnants, mais à manier avec prudence : près d’un tiers des personnes interrogées n’ont exprimé aucune préférence, rappelant l’extrême volatilité du paysage politique.

Ce sondage intervient dans un contexte délicat pour Marine Le Pen. Depuis plusieurs semaines, la présidente du groupe RN prépare en coulisses ce que les cadres du parti appellent « l’opération succession ».

En cause : le risque sérieux que sa peine d’inéligibilité soit confirmée en appel d’ici l’été 2026. Elle a déjà prévenu qu’en cas d’empêchement, elle « passerait le flambeau ». Mais pas question de disparaître pour autant. « Je ne renonce absolument pas, je suis extrêmement combative », affirmait-elle à la presse française.

La publication de ce sondage, deux jours plus tard, a créé un malaise qu’elle s’est empressée d’éteindre. Devant les caméras, elle a transformé l’exercice en démonstration de force : « Quel que soit le candidat du RN, nous sommes vainqueurs de la présidentielle. Nos adversaires devraient s’inquiéter. » Une manière d’insister sur l’unité du parti autour d’un objectif commun plutôt que sur une rivalité interne.

Pour Jordan Bardella, ces résultats renforcent son statut d’héritier désigné, même si le RN continue d’affirmer que « rien n’est décidé ». Pour l’heure, la dynamique est de son côté, mais la décision dépendra autant des tribunaux que des rapports de force au sein du parti.