France

Drogue : 75% des Français opposés à la fermeture d’écoles à cause de la proximité d’un point de deal

Trois-quarts des Français considèrent «anormal» qu'une école soit contrainte de fermer en raison de sa proximité avec un point de trafic de drogue, selon un sondage CSA réalisé pour CNews, Europe 1 et le JDD.

L'école maternelle Émile-Zola à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), en France, a annoncé sa décision de déménager après qu'une majorité de parents d'élèves a voté, le 3 avril, pour sa fermeture provisoire, en raison de la présence d'un point de trafic de drogue à proximité.

Si certains parents se réjouissent de cette décision, notamment après la découverte de sachets de drogue dans la cour, d'autres estiment que ce sont les dealers qui devraient quitter les lieux.

En effet, un sondage CSA réalisé pour CNews, Europe 1 et le JDD a révélé que 75% des Français trouvaient inadmissible qu’une école ferme à cause d’un point de deal à proximité, tandis que 25% ont approuvé cette décision.

Le sondage révèle également des différences selon le sexe, l'âge et la catégorie socioprofessionnelle. Ainsi, 81% des hommes et 70% des femmes s'opposent à la fermeture d'une école en raison d'un point de deal, avec des taux plus élevés chez les plus de 65 ans (82%) et les 50-64 ans (79%), alors que 62% des jeunes adultes de 25 à 34 ans y sont opposés.

Une décision qui divise

Sur le plan politique, 86% des électeurs des Républicains et 81% de ceux du Rassemblement national disent non à la fermeture des écoles, alors qu’à gauche, 76% des sympathisants socialistes, 74% des écologistes et 67% des proches de La France insoumise approuvent cette décision.

Le sondage révèle aussi une différence selon le lieu de résidence. En effet, 84% des habitants de l’agglomération parisienne se disent opposés à la fermeture d’une école à cause du trafic de drogue, contre 78% des communes rurales. Parmi les habitants de villes de plus de 100 000 habitants, 69% sont également contre, tout comme 72% des personnes vivant dans des communes de 20 000 à 99 999 habitants, et 77% dans des petites villes de 2 000 à 19 999 habitants.

Confrontées à la présence des points de deal près de l’école, les autorités concernées se sont engagées à prendre des mesures fermes pour rétablir l’ordre et garantir la sécurité des élèves.

Dans ce cadre, la ministre de l’Éducation nationale Élisabeth Borne a promis de «réinstaller» l’école dans ses locaux, tout en appelant à faire «bloc face à la violence».

S’exprimant sur le sujet le 3 avril sur France 2, l'ancienne Première ministre a lancé : «L’École ne reculera jamais face à la violence. Le gouvernement est déterminé à garantir un environnement sûr pour cette école.»