Ce vendredi 4 avril, Manon Aubry, eurodéputée de La France Insoumise (LFI), était l'invitée de la Grande Interview sur CNEWS et Europe 1. Elle a réagi à la condamnation de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National (RN), à cinq ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics.
Lors de son intervention, Manon Aubry a déclaré : «Quand vous détournez des fonds, vous devez en assumer les conséquences.» Elle a insisté sur le fait que le RN et Marine Le Pen devaient «assumer leurs actes». Selon elle, cette condamnation est une application normale de la loi et non une injustice politique comme l'affirment certains cadres du RN.
L'eurodéputée a également dénoncé la tentative de Marine Le Pen de se poser en victime, rappelant que celle-ci avait été reconnue coupable en première instance pour un détournement de plus de 4 millions d'euros. Elle a ajouté que, pendant sa présidence du RN, Marine Le Pen percevait également une rémunération de 5 000 euros par mois de son parti, ce qui constitue, selon Manon Aubry, un enrichissement personnel indirect.
Un débat sur l'État de droit
Au-delà du cas de Marine Le Pen, Manon Aubry a tenu à défendre l'indépendance de la justice face aux critiques venues de plusieurs figures politiques. Elle a affirmé avec force : «Dans notre pays, l'État de droit est intangible, n'en déplaise à Bruno Retailleau, n'en déplaise à Jordan Bardella et à Marine Le Pen.»
Cette déclaration intervient alors que certains membres de la droite dénoncent une justice à deux vitesses et évoquent une instrumentalisation politique des tribunaux. Bruno Retailleau, notamment, a attaqué le Syndicat de la magistrature, en remettant en question la neutralité des juges.
Face à ces accusations, Manon Aubry a rejeté toute idée d’un complot contre l’opposition et insisté sur la nécessité de respecter les décisions judiciaires, quelles qu'elles soient. Pour elle, Marine Le Pen a été jugée selon la loi et doit en accepter les conséquences.
Un message adressé à Donald Trump
Manon Aubry a également réagi au soutien apporté par Donald Trump à Marine Le Pen. Le président américain a dénoncé une «chasse aux sorcières» et appelé à sa «libération politique».
«La chasse aux sorcières contre Marine le Pen est un nouvel exemple de la façon dont les gauches européennes se servent du droit pour museler la liberté d’expression et censurer leur opposant politique, cette fois en allant aussi loin qu’en mettant cet opposant en prison. C’est la même tactique qui a été appliquée contre moi par un groupe de cinglés et de ratés dans le genre de Norm Eisen, Andrew Weissmann et Lisa Monaco. Ils n’ont pensé qu’à ça pendant les neuf dernières années et ils ont finalement échoué parce que le peuple américain s’est rendu compte que ce n’était que des juristes et des politiciens corrompus», a-t-il écrit sur Truth Social.
Une prise de position vivement critiquée par l'eurodéputée LFI, qui a répondu : «Non, cher Donald Trump, Marine Le Pen n'est pas au-dessus des lois.»
Alors que le RN organise une manifestation de soutien à Marine Le Pen ce dimanche, Manon Aubry et LFI continuent de défendre la légitimité de la décision de justice et refusent de céder aux discours de victimisation du RN. Elle insiste sur le fait que les règles doivent s’appliquer à tous, sans exception.