France

François Bayrou annonce un débat énergétique face aux menaces du RN

Sous la pression du Rassemblement national, qui menace de censure, François Bayrou propose un débat au Parlement sur la stratégie énergétique. Une réponse aux critiques sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie, attendue par décret dans les prochains jours.

Le Premier ministre François Bayrou a dévoilé le 2 avril une initiative pour désamorcer les tensions avec le Rassemblement national (RN), qui brandit la menace d’une motion de censure. Confirmant une information du Figaro, son entourage a annoncé qu’un débat sur la stratégie énergétique de la France serait organisé «dans les prochaines semaines» au Parlement, conformément à l’article 50-1 de la Constitution. Ce débat, sans vote, portera sur la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), qui fixe les objectifs énergétiques pour 2025-2035 et doit être adoptée par décret sous peu.

 

Un débat… Mais pas de vote et un Premier ministre menacé

«Il est normal que le Parlement s’exprime sur un sujet aussi important», a déclaré François Bayrou, répondant ainsi aux critiques du RN. Marine Le Pen avait exigé un vote parlementaire, dénonçant sur X une adoption «en catimini par décret» comme «impardonnable». Le député Horizons Antoine Armand, ancien ministre de l’Économie, a salué cette décision sur X : «L’annonce d’un débat sur la stratégie énergétique était attendue. Sur le nucléaire, ne perdons plus une seconde».

Mais les critiques fusent ailleurs. Fabien Bouglé, expert en politique énergétique, a fustigé sur X :

«Il faut voter l'amendement […] un débat seul n'est pas suffisant», faisant référence à un texte déposé par les députés Horizons Henri Alfandari et Béatrice Bellamy qui défend une «stratégie énergétique transparente, responsable et démocratique».

Ce point de vue fait écho à une proposition de loi du sénateur LR Daniel Gremillet, adoptée au Sénat en octobre 2024, qui vise plus de 60 % de nucléaire d’ici 2030. François Bayrou souhaite que ce texte soit examiné à l’Assemblée avant l’été, offrant une tribune aux débats sur le mix énergétique.

La PPE, en consultation jusqu’au 5 avril, suscite une mobilisation croissante. Des parlementaires de droite et du centre, rejoints par d’anciens dirigeants comme Henri Proglio, ex-président-directeur général de Véolia, appellent à suspendre sa publication, plaidant pour une vision à long terme.

Face à ces pressions, le Premier ministre joue l’apaisement, sans pour l’heure céder sur le décret, dont la date reste floue et qui demeure toujours menacé par le RN, lequel laisse entendre qu’il pourrait le censurer.