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France : Le Maire impute à Poutine la hausse du tarif de l'électricité, l'opposition dénonce un mensonge et «l’asphyxie fiscale»

Avec une augmentation de 8,6% à 9,8% au 1er février 2024, la France va connaître une hausse du tarif de l'électricité que le ministre de l'Économie Bruno Le Maire qualifie de «difficile» mais «nécessaire» et qu’il impute à la guerre en Ukraine. Un argument dénoncé par Florian Philippot, qui y voit l'impact du marché européen de l'électricité.

En annonçant la fin du bouclier tarifaire le 21 janvier sur TF1, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a évoqué la responsabilité du conflit en Ukraine. En période de campagne pour les élections européennes, le ministre a ainsi déclaré : «Si les prix de l’électricité ont flambé, c’est parce que Vladimir Poutine, l’ami de madame Le Pen, a attaqué l’Ukraine et a fait flamber les prix de l’électricité et du gaz.» Une affirmation qui fait l’objet de critiques.

L'augmentation antérieure à la guerre en Ukraine 

Ainsi, Marc Dubief, adjoint au maire de la ville de Bron, dans la banlieue lyonnaise, estime que «ce que raconte» le ministre «est faux». Ce dernier affirme en effet que cette crise de l’énergie est «la conséquence des choix politiques français» et rappelle que «c'est en novembre et décembre 2021 que les prix de l'électricité ont "déraillé" sur le marché», soit au moins trois mois avant le début du conflit en Ukraine. En effet, dès 2021, une «flambée» du prix de l’électricité était déjà largement évoquée dans les titres de presse en France, l'augmentation de celui du gaz étant alors soulignée comme la cause principale.

La présidente de la Commission de régulation de l’énergie Emmanuelle Wargon, ancienne ministre d'Emmanuel Macron, a confirmé le 22 janvier sur BFMTV qu’il s’agissait bien d’une «décision politique», le gouvernement ayant pris le parti de remonter les taxes sur l'électricité et de récupérer 6 milliards d'euros.

Après des augmentations successives de 4% en février 2022, 15% en février 2023 et 10% en août 2023, l'augmentation sur deux ans du prix de l’électricité se situe entre 43 à 44%. Le ministre a cependant tenu à rassurer les Français en affirmant qu’il s’agissait de «la dernière hausse de cette taxe sur l'année 2024».

Des oppositions remontées à bloc

Pour François-Xavier Bellamy, chef de file LR pour les élections européennes, le ministre de l’Économie a ainsi fait le «choix de l’asphyxie fiscale». La députée LFI du Val-de-Marne Florence Guetté estime de son côté qu’il faut «bloquer les prix de l'énergie et faire payer les multinationales».

Le président des Patriotes Florian Philippot dénonce de son côté l’appartenance au «funeste marché européen de l’électricité». Un argument aussi avancé par le député insoumis François Ruffin : «Il faut rompre avec un tarif européen de l'électricité. On a une production nationale, vendue ici et pourtant le prix est fixé par l’Europe.»

Autre personnalité souverainiste, le député Nicolas Dupont-Aignan a appelé sur la chaîne Public Sénat ce 23 janvier à «sortir du marché européen de l'électricité et à revenir à un seul opérateur et un seul prix», prenant l’exemple du Portugal et de l’Espagne qui sont sortis de ce marché. 

L’Espagne paiera en effet, au 1er février, 17 centimes le kWh contre 30 centimes pour la France, selon un classement établi par BFMTV.