France

Paris : les forces de l'ordre visées par une centaine de plaintes pour «arrestations arbitraires»

«Une centaine de plaintes» ont été déposées à Paris pour dénoncer «des arrestations et détentions arbitraires» dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites, a annoncé un collectif d'avocats lors d'une conférence de presse.

Ainsi que le rapporte l'AFP ce 31 mars, un collectif composé d'une vingtaine d'avocats a fait savoir qu'«une centaine de plaintes» avaient été déposées en réaction aux nombreuses interpellations et détentions constatées ces dernières semaines à Paris, lors de la mobilisation contre la réforme des retraites. Selon le collectif, ces plaintes dénoncent des arrestations sans objet qui viseraient «à dissuader d'exercer son droit de manifester et à casser le mouvement social».

Selon Me Raphaël Kempf, les plaintes ont été déposées ce 31 mars dans la matinée auprès du tribunal judiciaire de Paris contre les privations de liberté en grande partie «arbitraires», d'après lui, surtout au vu du faible taux de poursuites qui s'en sont suivies.

D'après Alice Becker, les procédures dans la capitale feraient en effet l'objet de «75% de classement sans suite» de la part du parquet de Paris. Les plaintes mettent en cause les forces de l'ordre et la justice et se basent sur trois infractions : atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique, non-intervention pour l’arrêt d’une privation de liberté illégale et entrave à la liberté de manifester.

Vers de nouvelles plaintes dans les jours à venir ?

Comme ses confrères, Coline Bouillon a dénoncé des «gardes-à-vue sanctions». Ainoha Pascual a aussi critiqué «la violence qui a lieu pendant ces interpellations et en parallèle», qui selon elle fera l'objet de plaintes distinctes «dans les jours à venir».

«Nous sommes soutenus par bon nombre d'institutions, par la Défenseure des droits notamment qui ne cesse d'alerter sur ces interpellations abusives, sur la disproportion des moyens mis en place par la police et le parquet dans cette mobilisation pour dissuader les gens de revenir en manifestation. Dans une démocratie, ce n'est pas acceptable», a affirmé Alexis Baudelin.

Depuis plusieurs semaines, des organisations telles que la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche), le Syndicat des avocats de France (SAF, classé à gauche), mais aussi les partis politiques de gauche critiquent une «répression policière».

Certaines de ces organisations ont déposé différents recours contre des interpellations «préventives», des interdictions de rassemblements nocturnes, etc.

Claire Hédon, la Défenseure des droits, a «alerté sur les conséquences d'interpellations qui seraient préventives» et sur «des manquements déontologiques dans le maintien de l'ordre».