France

L’ex-ministre Jean-Baptiste Djebbari remplacé à la tête de la start-up Hopium après moins d'un an

Nommé président du conseil d'administration de l'entreprise spécialisée dans les véhicules à hydrogène il y a moins d'un an, l'ex-pilote de ligne a quitté son poste pour mener «de nouveaux projets». La start-up connaît des difficultés financières.

Un atterrissage raté ? L’ex-ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a été remplacé le 15 mars 2023 à la tête de la start-up normande Hopium, qui espérait devenir le «Tesla de l’hydrogène», moins d’un an après sa prise de fonction. Jean-Baptiste Djebbari, qui a été en charge des Transports au gouvernement entre 2019 et 2022, avait été nommé en juin 2022 président du conseil d’administration de la société.

Hopium en proie à des difficultés financières

Un nouveau président, Alain Guillou, a été nommé pour le remplacer, a indiqué la société dans un communiqué. Celui-ci a notamment dirigé Naval Group, groupe français spécialisé dans la construction navale de défense. L’arrivée de Jean-Baptiste Djebbari au conseil d’administration d’Hopium avait soulevé la controverse, l’annonce étant survenue alors qu’il était encore ministre pour quelques heures. La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) s’était par ailleurs opposée à un autre projet de reconversion de l’ancien pilote de ligne au sein de l’armateur CMA-CGM.

«Le conseil d’administration a remercié Jean-Baptiste Djebbari pour son implication et son énergie qui ont permis d’accroître la visibilité nationale et internationale d’Hopium et de mettre en place les bases d’une organisation, qui a pour vocation de faire passer l’entreprise du stade d’une start-up à celui d’une entreprise industrielle», explique l’entreprise. Interrogé par l’AFP, l’ancien ministre a expliqué qu’il avait «de nouveaux projets en cours de structuration» et qu’il souhaitait s’y «consacrer pleinement». C’est la «raison pour laquelle j’ai organisé ma succession chez Hopium», a-t-il affirmé.

L’entreprise normande, en proie à des difficultés financières, envisage de construire la première voiture berline haut de gamme à hydrogène, la «Machina», dans une usine près de Vernon (Eure) d’ici 2025 et voit les coûts s'accumuler. Fin février, la Région Normandie avait ainsi annoncé lui prêter 2 millions d’euros. La société avait par ailleurs indiqué en début d’année qu’elle pourrait être amenée à réduire ses effectifs, Les Echos ayant évoqué le chiffre de 60 départs sur un effectif de 130 personnes. Hopium a souligné le 15 mars qu’elle se fixait «comme objectif d’atteindre la rentabilité d’ici quatre ans».