Economie

Covid-19 : pourquoi les masques sont-ils encore chers en France ?

Le JDD a décrypté les mécanismes ayant mené à l'explosion du prix des masques pendant la crise sanitaire et la raison pour laquelle ils sont encore chers en France, malgré une très forte baisse des prix constatée chez les producteurs asiatiques.

Rendu obligatoire dans les lieux publics clos mais également à l'extérieur dans certains cas, le masque de protection n'est pas gratuit pour autant. Selon une enquête du Journal du Dimanche (JDD) publiée le 8 août, le prix du masque jetable est passé d'environ 0,05 euro pièce en pharmacie «pour le grand-public» avant la crise à «au moins dix fois plus» aujourd'hui. Le prix à l'unité du masque est par ailleurs plafonné par décret à un maximum de 0,95 euro TTC. 

Explosion de la demande et raréfaction des matières premières

En Chine en mars-avril, précise le JDD, les masques s'achetaient 0,20 euros pièce à la sortie de l'usine et étaient importés par avion (contrairement aux bateaux habituels, moins chers) ce qui portait avec les taxes à 0,40 euros pièce ces équipements de protection, qui étaient vendus «quasiment à prix coûtant» en France.

Selon un expert gouvernemental interrogé par le JDD, «la principale ­matière première», le meltblown (voile non tissé en polypropylène), est par ailleurs «devenue rare, donc chère». Autre facteur, la concurrence entre les acheteurs qui aurait mené à une «incroyable ­volatilité» des prix au printemps, selon une autre personne interrogée.

D'importantes réserves de masques faites aux prix forts

Désormais, précise le JDD, la situation a changé et ces masques jetables se vendent «0,07 euro en Chine et même à 0,04 euro en Inde» à la sortie des usines, en raison notamment d'une importante concurrence entre les fabricants. Avec une livraison par bateau, le masque jetable pourrait être livré en France pour «0,12 euro maximum».

Le maintien d'un prix élevé du masque à la vente serait dû, selon une personne interrogée dans l'enquête du JDD, aux «réserves pléthoriques» accumulées dans l'Hexagone «au plus fort de la crise», donc au moment où les masques se vendaient le plus cher. Interrogée par le JDD, la ministre déléguée chargée de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a par ailleurs rappelé qu'il était interdit de vendre à perte. 

Le prix du masque devrait donc logiquement baisser quand les stocks accumulés précédemment auront été écoulés.