Le Français Mark Karpeles, l'ex-baron des bitcoins, jugé le 11 juillet à Tokyo

- Avec AFP

Le Français Mark Karpeles, l'ex-baron des bitcoins, jugé le 11 juillet à Tokyo Source: Reuters

L'ex-baron autoproclamé des bitcoins répondra de ses actes devant la justice mais malgré le scandale lié à la faillite de la plateforme d'échanges MtGox, le bitcoin est devenu une monnaie virtuelle toujours plus tentante.

Le français Mark Karpeles attend le procès qui débutera le 11 juillet à Tokyo. Il y a une semaine, son avocat Kiichi Iino avait déclaré qu'il l'attendait «avec calme» et qu'il allait plaider non coupable.

En liberté depuis un an, après avoir passé autant de temps en prison, Mark Karpeles, ex-patron de MtGox, est accusé d'enrichissement personnel par la création artificielle d'un million de dollars. Cette opération se serait faite au détriment des véritables détenteurs de bitcoins dont sa société, implantée au Japon, gérait les actifs. Cette dernière a déposé le bilan début 2014.

Aujourd'hui âgé de 32 ans, il avait déjà été condamné en France en 2010 à un an de prison pour «accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données» de l'entreprise où il travaillait au moment des faits.

Dans le cas de MtGox, il a toujours affirmé que la plateforme avait été victime d'une attaque informatique extérieure, mais mi-septembre 2015, il a été mis en examen et emprisonné, après 6 semaines de garde-à-vue, pour falsification d'informations et détournement d'une somme de 321 millions de yens [2,4 millions d'euros].

Lire aussi : Nouveau plus haut historique pour le Bitcoin qui vole de record en record

Davantage de chefs d'accusation

Selon la police citée par la presse, il a dépensé cette somme pour l'achat de droits de logiciels, mais aussi pour s'offrir un lit de luxe dans son appartement loué 1,4 million de yens [10 900 euros] par mois ou pour se payer les services de prostituées.

«Sa libération sous caution, en juillet 2016, était essentielle pour pouvoir préparer sa défense», a précisé Kiichi Iino.

Ce Français, qui n'a pas souhaité parler à la presse depuis, est en revanche redevenu actif sur son compte Twitter, où il lui arrive même de poster des avis au sujet des bitcoins.

«Il va peut-être se défendre en japonais, à moins qu'il ne choisisse le français, ce qui ne serait pas un problème car il y a un interprète au tribunal», a poursuivi l'avocat.

«Idéalement, j'aimerais que le procès nous permette de comprendre ce qui s'est réellement passé au sein de MtGox, mais je ne m'attends pas à ce que nous obtenions les informations voulues», a déclaré à l'AFP Kolin Burges, l'un des possesseurs de bitcoins lésés.

«Je ne suis pas très content que le procès commence, car j'aimerais qu'il y ait davantage de chefs d'accusation», a ajouté cet homme qui possédait «311 bitcoins dans MtGox», la grande majorité de son argent, un pactole «qui aurait valu environ 750 000 dollars aujourd'hui». Il espère que, finalement, «tous les créanciers recevront un petit pourcentage de leur argent». 

 Petits malins 

Depuis cette affaire qui remonte à plus de trois ans, le bitcoin a fait grand débat au Japon et sa réputation a souffert, mais cette époque est désormais presque révolue. Une loi de mai 2015 lui a donné, ainsi qu'à d'autres moyens de paiement de ce type, un statut encadré de «monnaie virtuelle», ce dont le bitcoin ne bénéficiait pas auparavant. 

Les plateformes d'échange, comme BitPoint du groupe nippon Remixpoint ou bitFlyer, doivent, pour pouvoir officier, recevoir un agrément des autorités.

Celles qui sont entrées dans cette activité se démènent pour promouvoir la monnaie dont le cours était le 7 juillet au Japon égal à 284 110 yens [2 189 euros], un niveau qui paraissait inimaginable à l'époque MTGox.

Des magasins aussi réputés que la chaîne nippone de grandes surfaces d'électronique Bic Camera ou la compagnie aérienne Peach Aviation acceptent les paiements en bitcoins, ou sont sur le point de le faire.

Des jeunes, qui n'osent pas investir en Bourse, voient dans le bitcoin un moyen de thésauriser, étant rassurés, à tort ou à raison, par les messages vantant la sécurité offerte désormais par des sociétés moins obscures que ne l'était MTGox et dans un environnement légal clarifié.

Reste que, malgré ces précautions, les autorités et la presse mettent en garde régulièrement contre de petits malins qui vendent à des naïfs de faux bitcoins ne valant absolument rien.

Lire aussi : A Moscou, un restaurant accepte désormais les paiements en Bitcoin

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.