Economie

Face aux critiques, Facebook s’apprête à payer des millions d'impôts en plus en Grande-Bretagne

Accusé d'évasion fiscale après avoir payé moins de 6 000 euros d'impôt en 2014 en Grande-Bretagne, le réseau social vient d'approuver un changement de sa politique juridique en Europe, qui devrait lui valoir de payer plus d'impôts.

Dès le mois d'avril, le revenu généré par les plus gros publicitaires qui partagent leur contenu sur le réseau social, passera désormais par la Grande-Bretagne plutôt que par l’Irlande.

Ce changement, qui devrait faire croître de façon importante le bénéfice imposable de la firme de Menlo Park, fait partie du projet de la compagnie américaine pour faire taire les critiques de ses détracteurs qui l'accusent d’évasion fiscale.

Dans un communiqué, le géant du web a expliqué : «Lundi, nous commencerons à notifier aux grands utilisateurs [publicitaires] britanniques qu’à partir de début avril, ils recevront des factures de Facebook UK et plus de Facebook Irlande».

Les plus petites entreprises travaillant avec la société de Mark Zuckerberg seront quant à elle toujours facturées à travers la filiale irlandaise de Facebook, qui restera par ailleurs son quartier général pour toutes les transactions internationales en dehors des Etats-Unis.

La filiale de Facebook implantée en Grande-Bretagne devrait ainsi générer de plus hauts revenus et son taux d'imposition sera vraisemblablement revu à la hausse, à hauteur de 20% environ.

Si le Royaume-Uni représente moins de 10% des revenus globaux de la société, cette dernière a insisté sur le fait que ses opérations dans le pays représentaient une partie importante de ses affaires.

Dans le communiqué, on peut lire : «Nous avons pensé que ce changement fournirait de la transparence sur les opérations de Facebook au Royaume-Uni. La nouvelle structure est plus simple à comprendre et reconnaît clairement la valeur que l’organisation britannique ajoute à nos ventes grâce à nos équipes de ventes britanniques».

En 2014, Facebook avait fait l’objet de vives critiques après la révélation du journal The Independent selon laquelle le groupe américain n'avait payé que 4 327 livres (soit environ 5 830 euros) d’impôt en 2014, c’est-à-dire quelques 1 000 livres de moins que le salarié moyen britannique.