Economie

Au lieu de la «révolution industrielle», Davos se penche sur l’imminente crise économique

C’est dans un contexte difficile que le Forum économique mondial de Davos ouvre ses travaux ce mercredi, alors que la chute des prix du pétrole et, plus globalement, l’incertitude sur la croissance mondiale s’imposent à l’ordre du jour.

«Maîtrise de la quatrième révolution industrielle» était le slogan officiel de la réunion annuelle des dirigeants politiques et chefs d’entreprises dans le petit village suisse. Cependant, le titre «Maîtrise de la deuxième crise en huit ans» ne serait-il pas plus approprié, alors que l’état de l’économie mondiale, au début de l’année inspire les plus grandes inquiétudes, en faisant penser aux prémisses d’une crise capable de frapper encore plus fort que celle de 2008 ?

Le prix du pétrole, qui n’a cessé de chuter tout au long de 2015, s’est effondré spectaculairement cette semaine, en descendant à quelque 27 dollars le baril. Le principal carburant du moteur de l’économie mondiale se trouvant en difficulté, des millions d’employés dans cette industrie pourraient perdre leur poste… y compris certains participants au Forum de Davos.

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«Si quelqu’un pouvait effectivement prédire le prix du pétrole d’ici 12 mois, il pourrait, dirait-on, prétendre à d’autres activités», a ironisé Dennis M. Nally, le président de la société PWC, dans un entretien à RT. «Nous observons une grande volatilité sur tous les marchés globaux, ce qui est assez surprenant vu que l’année dernière la situation semblait se stabiliser», a-t-il ajouté.

Il y a de quoi s’inquiéter : à Wall Street, la nouvelle année s’est ouverte sur la pire annonce de toute l’histoire. Depuis le début de 2016, c’est 3 000 milliards de dollars qu’ont perdu en valeur les actifs financiers dans le monde entier.

Cette incertitude pèse aujourd’hui sur la croissance du PIB mondial, de même que le ralentissement chinois et la méforme des pays émergents. Alors que Pékin a publié mardi son chiffre de croissance 2015, qui est au plus bas depuis 25 ans (6,9%), le Fonds monétaire international a abaissé le même jour ses prévisions de croissance, en prévenant d’un risque de «déraillement» de toute l’économie du globe.

Terrorisme, crise migratoire et changement climatique à l’ordre du jour

La sécurité a été sensiblement renforcée cette année à Davos, de nombreuses patrouilles étant mobilisées pour limiter le risque d’attentat contre les 2 500 décideurs les plus importants de la planète, qui vont notamment aborder la sujet de la lutte contre Daesh, ainsi que la crise des réfugiés qui inondent l’Europe. Mais il y a plus que des paroles : les membres de l’élite internationale auront l’occasion de vivre quelques heures dans la peau d’un réfugié, une activité devenue traditionnelle à Davos.

Les participants au Forum espèrent également poursuivre l’action climatique, en se fondant sur l’accord conclu à Paris en décembre dernier. Ce sera notamment l’occasion pour les grandes entreprises et les gouvernements de trouver un moyen de travailler ensemble à la réduction des émissions de carbone.

C’est pour ce dernier sujet que Leonardo DiCaprio participera aux travaux du Forum, en appelant à agir, au nom de sa fondation qui protège les écosystèmes en danger et finance les projets luttant contre le changement climatique.

Parmi les thèmes peu nombreux qui concernent directement la «révolution industrielle» annoncée par le slogan officiel, on trouve la robotisation de la production qui menacerait pas mois de 7 millions d'emplois dans les cinq années à venir. Les limites du contrôle gouvernemental sur les communications électroniques des citoyens seront également abordées lors des discussions.

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Quoiqu’écartés des premières places dans l’ordre du jour par les turbulences au Moyen-Orient et sur les places financières, le problème de la zone euro, soit la dette grecque et le possible «brexit» du Royaume-Uni auront également leur place dans les travaux du Davos.